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FILIERE ENGRAIS AU SENEGAL : L’inefficacité de la logique d’Etat Enregistrer au format PDF Envoyer

Article de Sud Quotidien sur la question de l’engrais au Sénégal.

Entre l’incapacité des ICS/SENCHIM à approvisionner le marché local des engrais dans les conditions actuelles et la centralisation des prises de décisions par l’Etat, empêchant le secteur privé de jouer correctement son rôle, la filière fait face à des menaces certaines. C’est ce qui ressort d’une étude sur la filière des engrais au Sénégal, commanditée par le Programme de croissance économique (PCE) de l’USAID.

Depuis les années 1980, le Sénégal a libéralisé la filière des engrais, avec une diminution progressive voire une suppression totale de la subvention en 1989. Le Sénégal consommait alors plus de 60 000 t d’engrais. Mais à partir de 2003/2004, l’Etat sénégalais, pour accompagner ses stratégies de développement agricole, a jugé nécessaire de reprendre sa politique de subvention des engrais. Après plusieurs années de subventions modestes, l’introduction de la GOANA (Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance) en 2008 suite à l’augmentation des prix mondiaux des denrées en fin 2007 et une pénurie de riz sur les marchés internationaux, a ciblé des cultures telles que le manioc, le maïs, le riz et les cultures vivrières, en octroyant une subvention plus élevée aux semences, aux engrais chimiques et aux équipements.

Partant de zéro en 2002, le coût annuel de la subvention est ainsi passé à plus de 9 milliards de FCfa en 2008. Cependant, les ICS (fournisseur exclusif d’engrais à l’Etat) pour des difficultés financières, se sont trouvées dans l’incapacité d’assurer la livraison lors de la campagne 2006/2007. Pour cette raison, l’Etat a ouvert les marchés des engrais aux opérateurs privés. Sauf que l’expansion du secteur privé s’est avérée « timide » et se limitait aux opérateurs choisis par l’Etat pour fournir les engrais subventionnés (3 à 4 firmes en général parmi une quinzaine de sociétés postulants). La filière reste ainsi caractérisée par une prédominance des programmes de l’Etat qui déterminent l’accès au crédit, fixent le niveau minimum de fabrication et importation et les prix maximum de cession aux producteurs sur la base de subventions faramineuses.

Ce rôle central de l’Etat, à travers la subvention, pose ainsi problème aux opérateurs privés pour la constitution de stocks à vendre en dehors des programmes de l’Etat, comme l’a indiqué Amadou Abdoulaye Faye, maître d’œuvre de l’étude commanditée par le Programme de croissance économique (PCE) de l’USAID, finalisée en juillet 2011 et présentée ce mercredi 4 janvier à Dakar.

Encore l’opacité

Dans une analyse approfondie, l’étude fait ressortir une mise en place tardive de la subvention du fait de la démarche utilisée pour l’allocation des quotas aux différentes zones. En outre, les retards importants de remboursement de l’Etat aux privés agréés pour les ventes subventionnées semblent aussi influer sur les offres notamment au niveau des prix. Toutes choses qui font que les fournisseurs trouvent que l’octroi des marchés publics par l’Etat entrave les règles de compétition.

Le constat est que les importateurs et distributeurs importent peu sans commande ferme préalable de l’Etat ; ils investissent peu dans la filière, et n’ont pas de stratégie de promotion de leurs produits. Dès lors, l’environnement de la filière est caractérisé par de nombreuses faiblesses.

L’inadéquation du système de crédit est à la mesure de l’absence de règlementation du marché des engrais, mais aussi du manque de crédit par les fournisseurs en dehors de la GOANA voire du manque de crédit intrants pour les agriculteurs ; du faible taux de remboursement par les agriculteurs ; du faible niveau d’organisation des acteurs dans l’agriculture vivrière traditionnelle qui, à l’analyse, constituerait un risque pour les fournisseurs/distributeurs qui veulent investir.

Par ailleurs, le retard constaté dans la mise en place du Programme Agricole augmenterait les coûts de l’importation des engrais et rendrait leur utilisation moins efficace parce que pas disponibles au moment opportun. Pire, l’octroi des marchés d’engrais subventionnés ne se ferait pas toujours selon les règles édictées tandis que les procédures changent d’une année à une autre, donnant l’impression d’un manque de transparence ; de plus, les prises de décisions sur les programmes d’engrais auraient tendance à se faire à la dernière minute par un groupe restreint de technocrates. Ce qui entraînerait un manque de confiance dans le système de répartition des engrais subventionnés au niveau des producteurs, justifié par : le traitement des « gros » producteurs jugé inéquitable dans la mesure où les décisions relatives aux quotas d’engrais qui leurs sont allouées sont centralisées, peu transparentes et non coordonnées.

Filière menacée

Dans ce contexte, les menaces qui pèseraient sur la filière engrais au Sénégal, selon le consultant, seraient relatifs à un manque de fiabilité du système d’appel d’offres ; une absence de système performant et transparent pour le suivi du programme des engrais subventionnés et de mesure des impacts sur la consommation, les rendements des cultures sur la production, les revenus, etc ; une fragilisation du secteur privé (importation/distribution d’engrais) à cause des programmes Subventionnés.

A court terme, entre autres recommandations, l’étude suggère la mise en place par le ministère de l’Agriculture, d’un Comité de réflexion sur l’engrais et la fertilité du sol au début de 2011 afin de formuler et recommander des actions concrètes capables de corriger les faiblesses dans la filière. De même, elle interpelle le gouvernement sur la mobilisation « à temps » du budget nécessaire et le payement « à temps » des fournisseurs afin d’éviter les retards de mise en place des engrais.

Sud Quotidien (Via SudOnLine.sn), le 05 janvier 2012, par Malick NDAW

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