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L’Initiative prospective agricole (Ipar) titille les candidats à se prononcer sur les questions agricoles et sur l’emploi rural dont ils parlent tant à travers villes et campagnes. Un Forum électronique est ouvert durant la campagne électorale et l’audition des candidats est diffusée depuis cette semaine sur la West Africa democracy radio (Wadr).
Quelles perspectives stratégiques pour des agricultures familiales durables au Sénégal ? Entre le prix au producteur et le revenu du producteur, lequel est prioritaire ? L’emploi agricole et rural, dont parle tant les candidats, est-il une réponse possible face aux défis de l’emploi des jeunes ? Ces questions, Cheikh Guèye, ingénieur agronome à Sédhiou, a été l’un des premiers internautes à les poser sur le site du forum du groupe d’experts de l’Initiative prospective agricole et rural (Ipar).
En prélude aux séances d’auditions des candidats à la présidentielle, un forum de discussion sur la place de l’Agriculture au Sénégal a ainsi été lancé depuis le 10 février 2012 sur ce site de l’Ipar (http://www.ipar.sn/spip.php ?rubrique60) qui en est lui-même l’initiateur. Ce groupe d’experts Think Tank a retenu quatre thèmes sur lesquels les candidats devraient s’engager face aux électeurs qui les y interpellent. Ces thèmes sont : Les exploitations familiales ont-elles la capacité de nourrir le Sénégal ? L’emploi agricole et rural est-il une réponse possible face aux défis de l’emploi des jeunes au Sénégal ? Quel financement pour l’agriculture d’aujourd’hui et de demain ? Quelle réforme foncière pour le Sénégal ?
Dégradation de la situation des producteurs agricoles
‘Bonjour, je suis Cheikh Guèye, ingénieur agronome, titulaire d’un troisième cycle en protection de l’environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens depuis 1996. Je suis basé à Sédhiou. J’ai le plaisir d’apporter ma modeste contribution au débat par rapport aux deux questions des thèmes 1 et 2’, écrit cet électeur dans le site du Forum visité par Jade/Syfia. Pour Guèye, qui parle de sa modeste expérience ouest-africaine (Niger, Burkina, Togo et Sénégal) des agricultures familiales, les conclusions auxquelles il aboutit lui font penser à ‘l’existence de perspectives nouvelles en matière de développement’. Certes, reconnaît-il, plusieurs efforts ont été consentis par l’Etat du Sénégal, mais l’internaute pose la question de savoir : ‘Quel est l’impact de ces efforts si l’on note que depuis les indépendances à nos jours, on assiste à une dégradation continue de la situation des producteurs et des productrices’.
Au Sénégal, en effet, chaque année l’Etat dépense des centaines de milliards de francs Cfa pour acheter une partie de sa nourriture. Les importations de produits alimentaires sont passées de 243 milliards en 1999, à 602 milliards de francs Cfa en 2008, selon des chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd, 2009). Le riz constitue 75 % de la valeur totale des importations de céréales. Selon l’Ipar, ce constat est tiré des chiffres officiels et des analyses qui s’appuient sur une expertise diversifiée de chercheurs, paysans, société civile, etc. N’empêche, la situation reste encore difficile dans le monde rural. Une situation sur laquelle les électeurs interpellent les candidats à l’élection de 2012.
Djibo Kâ, pour la réouverture de l’huilerie de Louga
Ce forum a été suivi, les 13 et 14 février 2012, d’une rencontre organisée à Dakar sur les enjeux et défis de l’agriculture en collaboration avec le Conseil national de concertation et de coordination des ruraux (Cncr) et le Congad. Cela, pour alimenter le débat politique et citoyen à la veille de ces élections. Pour Babacar Ndiaye, expert de la société civile basé à Dakar, il s’agit pour ces élections 2012, d’essayer de créer un climat propice pour rendre acceptable les nouvelles modalités de rapports entre les acteurs et les décideurs et si possible, le développement de nouvelles formes de gestion des institutions. Quant à Djibo Kâ (non le ministre de l’Environnement, patron de l’Urd : Ndlr), ingénieur en aménagement du territoire, il interpelle les candidats sur la réouverture de l’huilerie de Louga pour relancer l’économie locale.
‘Non seulement, dit cet électeur, cela permettra de générer des emplois, mais aussi de redonner à l’agriculture arachidière de la région sa valeur’. En plus de ses deux opportunités, écrit Djibo Kâ, ‘la multiplication des huileries dans notre pays’ favorise la concurrence qui va conduire à une baisse de l’ensemble des produits issus de ces industries. L’Ipar, rappelle-t-on, est aussi en direct sur la Wadr (West Africa Democracy Radio 94.9 FM) www.wadr.org avec l’audition des candidats. Une couverture spéciale est diffusée tous les jours au Sénégal et dans 10 pays de l’Afrique de l’Ouest, en direct de 15 h à 20 h.
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