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Plusieurs mesures ont été annoncées à l’issue du Conseil interministériel d’hier pour une bonne tenue de la campagne agricole 2012-2013. Le Premier ministre Abdoul Mbaye a particulièrement insisté sur l’efficacité et la transparence dans le choix des fournisseurs des intrants. Il a aussi annoncé le démarrage de la distribution des vivres de soudure à partir du mois de mai.
Le gouvernement a organisé, hier, à Dakar, un Conseil interministériel sur la préparation de la campagne agricole 2012-2013. En plus des membres du gouvernement, plusieurs partenaires techniques et financiers du Sénégal ainsi que les différents acteurs du monde agricole y ont pris part. A l’issue des échanges, de nombreuses recommandations ont été faites pour une bonne organisation de la campagne agricole : poursuivre l’identification et le contrôle des stocks de semences existants, procéder à l’acquisition des intrants, revoir les procédures de constitution des commissions de distributions des semences en impliquant l’administration territoriale, la société civile ainsi que certains partenaires (comme la Banque mondiale), etc. Le Premier ministre Abdoul Mbaye a particulièrement insisté sur la transparence dans le choix des fournisseurs par une application des procédures prévues par le Code des marchés publics pour avoir les prix les plus compétitifs possibles. « Notre maître-mot, c’est la transparence et la recherche de l’efficacité », dit-il. Le chef du gouvernement a aussi garanti que des mesures seront prises en rapport avec les forces de sécurité pour lutter contre le trafic de semences ou d’intrants subventionnés vers d’autres pays de la sous-région.
Distribution de vivres de soudure à partir de mai
Par ailleurs, le Premier ministre promet que les arriérés dus aux banques au titre de la précédente campagne agricole seront réglés à travers une loi de finance rectificative. En plus de ces mesures, le ministre de l’Agriculture, Benoît Sambou, souhaite que les intrants soient mis en place à temps, c’est-à-dire avant l’hivernage. Pour « éviter les errements du passé ». Pour plus d’efficacité, la représentante de la Banque mondiale a suggéré une politique de subvention (des intrants) « raisonnée » et un codage électronique de ces intrants pour avoir une traçabilité et s’assurer qu’ils vont à leurs bénéficiaires réels. Les représentants des producteurs, qui se sont tous désolés des retards dans la fourniture des intrants et du manque de transparence dans le choix des fournisseurs – en tout cas ces dernières années – ont exprimé leur désir d’être mieux impliqués dans le processus. Le président du syndicat « Jappando » a ainsi plaidé pour une distribution d’urgence de vivres de soudures dans le monde rurale. Une doléance entendue par le Premier ministre qui annonce le démarrage de cette distribution à partir du mois de mai. Au-delà des mesures ponctuelles liées à la campagne agricole à venir, le Premier ministre estime qu’il faut réfléchir et concevoir une politique agricole moins dépendante des aléas climatiques, porteuse de croissance et qui contribue à faire reculer la pauvreté dans le monde rural. Cette agriculture « durable », Jacques Diouf, ancien directeur général de la Fao, devenu conseiller spécial du président Macky Sall, la conçoit avec de grandes exploitations privées autour desquelles graviteraient des micro-entreprises familiales.
Un objectif de 3,3 millions de tonnes de production céréalière
Du fait d’une faible pluviométrie et des retards dans la distribution des engrais ainsi que le manque de matériel approprié, le déficit céréalier de la campagne précédente (2011-2012) est estimé à 238.000 tonnes. Pour la campagne agricole à venir, l’objectif est de porter la production céréalière à 3.311.700 tonnes (1 million de tonne pour le mil, 700.000 pour le riz, 400.000 pour le maïs, 300.000 t pour le sorgho et 4.500 pour le blé).
Pour ce qui est de la production arachidière, l’objectif est de 1.300.000 tonnes contre 527.000 tonnes pour la campagne précédente. Le coût global de la subvention est estimé à 34,3 milliards de francs Cfa dont 14,48 milliards pour les semences, 18 milliards pour les engrais, 700 millions pour la lutte phytosanitaire, 650 millions pour l’achat de petit matériel agricole. Selon le ministre délégué chargé du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, certains partenaires du Sénégal se sont engagés à contribuer au financement de la campagne agricole à hauteur de 14,5 milliards de francs Cfa. « Du côté du ministère de l’Economie et des Finances, toutes les dispositions sont prises pour une bonne tenue de la campagne agricole », conclut-il.
... Les producteurs exigent leur mise en place à temps
Pour un bon déroulement de la campagne agricole, les producteurs demandent à l’Etat de mettre en place et à temps les semences et intrants sur toute l’étendue du territoire. Ils ont exprimé ce souhait, hier, en marge du Forum organisé par l’Usaid sur le « Conservation farming », à la 13ème édition de la Fiara.
La prochaine campagne agricole préoccupe déjà les producteurs de l’intérieur du pays. Venus à Dakar prendre part au forum organisé par l’Agence américaine de développement international (Usaid) sur la nouvelle technique culturale de l’agriculture de conservation (Conservation farming en anglais), à l’occasion de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), les producteurs ont saisi cette occasion pour exiger la mise en place précoce des semences et des intrants dans le monde rural. Selon Mamadou Doucouré de Diawara, dans le Bakel, l’Etat doit tout faire pour enclencher, dans les délais, les opérations sur le terrain afin de permettre aux producteurs de disposer à temps des semences. C’est aussi l’avis de Dombo Tigana du village de Saréya, dans le Kédougou. Pour plus d’efficacité dans la mise en place des semences, l’Etat doit non seulement prendre les devants mais aussi veiller à ce qu’elles soient certifiées, ajoute M. Tigana. L’octroi de matériel agricole et le renforcement des équipements pour les petits producteurs demeurent également des préoccupations dans le monde rural.
Une opportunité pour les petits producteurs
Ces derniers ont d’ailleurs profité de la Fiara pour lever le voile sur la pratique du « Conservation farming », une nouvelle technique culturale introduite pour la première fois au Sénégal par des projets de l’Usaid tels que Usaid/Wula Nafaa et Usaid/Yaajeende. En effet, l’agriculture de conservation est un système de production basé sur la conservation des sols et l’amélioration de leur potentiel productif naturel à travers le compostage par des déchets biodégradables. Grâce à l’action de certains projets de l’Usaid, cette méthode est en train de révolutionner l’agriculture notamment les exploitations familiales en milieu rural. C’est le cas dans les régions de Kédougou, Tambacounda, Kaolack et Fatick où les rendements ont été triplés dans les emblavures de « conservation farming ». Les petits producteurs ont exprimé la volonté de vulgariser davantage cette nouvelle méthode agricole sur l’étendue du territoire national pour une agriculture profitable à la nutrition et à la sécurité alimentaire.
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