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Le Sénégal n’est pas encore dans la famine même si la situation est grave, a déclaré Amadou Ouattara, représentant-résident de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (Fao).
Cette organisation onusienne a déjà mobilisé, en urgence, 1,5 milliard de francs Cfa pour soutenir la campagne agricole au Sénégal.
L’insécurité alimentaire qui sévit en ce moment dans plusieurs régions du Sénégal n’a pas encore atteint le seuil critique de la famine. Du moins, si l’on se réfère aux résultats des enquêtes menées de façon conjointes par les agences du système des Nations unies au Sénégal. Intervenant en marge d’un atelier de mise à niveau organisé hier à Dakar, par les agences des Nations unies (Pam, Oms et Fao) à l’intention des journalistes sur les questions de sécurité alimentaire, le représentant-résident de l’Organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, Amadou Ouattara, a rassuré l’opinion.
« Le Sénégal est encore loin de la situation de famine même si l’on a constaté, sur le terrain, que dans certaines régions, l’insécurité alimentaire est une réalité », a déclaré M. Ouattara. En effet, selon une enquête effectuée en février dernier, la situation alimentaire au Sénégal, même si elle n’est pas encore alarmante, était devenue tout de même grave. « Déjà au mois de février, dans certains villages, 59 % des populations étaient affectées par l’insécurité alimentaire, et dans plusieurs ménages, les gens n’ont pas plus de deux semaines de sécurité alimentaire », a précisé toutefois M. Ouattara.
Plusieurs pays du Sahel sont confrontés à une insécurité alimentaire suite à une mauvaise pluviométrie qui a engendré un déficit important de production céréalière.
739.251 personnes affectées par la crise
Selon les estimations des agences onusiennes, 739.251 personnes localisées dans plusieurs régions, sont en situation d’insécurité alimentaire au Sénégal. Les enquêtes des agences onusiennes ont révélé que les régions de la Casamance naturelle (Kolda, Ziguinchor et Sédhiou) mais aussi l’Est du pays ainsi que les régions de Matam, Kaolack et Saint-Louis demeurent les principales zones à risque avec des prévalences pouvant atteindre, par endroits, 87,5 % en termes d’insécurité alimentaire. Au total, 739.251 personnes sont dans une situation d’insécurité alimentaire au Sénégal, selon les estimations effectuées en février 2012.
Les ménages de grande taille et ceux dirigés par des veuves viennent en tête des profils sociaux menacés par l’insécurité alimentaire dans notre pays. C’est pour cette raison que les agences des nations-unies ont décidé d’ouvrir un front commun en synergie avec les efforts fournis par l’Etat pour venir à bout de cette situation d’ici l’arrivée des pluies au Sénégal.
A ce sujet, le représentant-résident de la Fao a indiqué que son organisation a déjà mobilisé, en urgence, un budget de riposte de 1,5 milliard de francs Cfa sur les 3 milliards de francs Cfa attendus pour soutenir la prochaine campagne agricole. Cette enveloppe contribuera à soulager 60.000 ménages vulnérables en termes de renforcement de capacités de production agropastorale et des moyens d’existence, a souligné M. Ouattara.
La Fao annonce un programme de 600 milliards de F Cfa au Sénégal
Le Sénégal va bientôt bénéficier d’un programme de 600 milliards de francs Cfa pour une prise en charge réelle de la sécurité alimentaire, a annoncé hier à Dakar, Amadou Ouattara, le représentant-résident de la Fao.
Au-delà des efforts qu’elle déploie aux côtés du gouvernement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire notée dans certaines localités du pays, l’Organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (Fao) a décidé d’appuyer l’Etat du Sénégal dans la prise en charge globale de la sécurité alimentaire. Selon le représentant-résident de la Fao à Dakar, Amadou Ouattara, le Sénégal va bientôt bénéficier d’un important programme national d’appui à la sécurité alimentaire estimé à environ 600 milliards de francs Cfa.
Ce programme tripartite sera mis en œuvre sur le terrain grâce à une intervention de l’Etat du Sénégal en synergie avec la République de Chine et la Fao, a souligné M. Ouattara. Il permettra, dans les cinq années à venir, de mettre le Sénégal à l’abri de l’insécurité alimentaire et de soutenir les efforts de l’Etat dans la mise en œuvre des politiques agricoles.
Environ 1000 centres urbains et 14.000 villages répartis sur l’étendue du territoire national sont concernés par ce programme. Les ministères de l’Agriculture et de l’Elevage ainsi que les organisations non gouvernementales locales et internationales seront les principaux partenaires opérationnels de ce programme qui permettra d’améliorer efficacement les capacités de production en milieu rural et la couverture alimentaire dans les foyers au Sénégal, a déclaré M. Ouattara.
27 milliards de FCfa d’appui du Programme alimentaire mondial
L’Etat du Sénégal peut compter sur le soutien des agences du système des Nations unies dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Il sera procédé, dès le samedi prochain, au lancement d’un vaste programme de distribution de vivre dans les régions les plus touchées par l’insécurité alimentaire au Sénégal, a révélé la directrice-résidente au Sénégal du Programme alimentaire mondial (Pam), Inge Breuer. Cette opération sera enclenchée par le Pam en collaboration avec le ministère de l’Agriculture dans la région de Ziguinchor.
A terme, le Pam compte injecter environ 27 milliards de francs Cfa dans les zones à risque pour répondre à la situation d’insécurité alimentaire qui prévaut en ce moment dans plusieurs localités du Sénégal, a indiqué Mme Breuer. Le Pam a déjà mobilisé, en urgence, une enveloppe de 9 milliards de francs Cfa pour soutenir les efforts de l’Etat, a-t-elle révélé. Cette somme sera consacrée, entre autres volets, à l’octroi de bons d’achat alimentaires d’un montant de 21.000 francs Cfa par ménage de six personnes chaque mois, à compter de mai prochain.
Une opération qui, selon la directrice-résidente du Pam à Dakar, permettra de venir en aide à environ 145.000 personnes d’ici à septembre prochain. Le Pam compte également développer d’autres stratégies en synergie avec les autres agences du système des Nations-unies pour renverser la tendance en cours dans le monde rural.
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