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La privatisation de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) continue de provoquer la colère des producteurs membres du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr). Et ils n’entendent pas rester inactifs et ont décidé d’entamer, à partir de mardi prochain, une tournée nationale pour dénoncer cette opération qu’ils assimilent à un « bradage ». Leur tournée qui les conduira dans les onze régions du pays, débutera par Louga et prendra fin en juin prochain dans la région Sud. Aux producteurs de ces différentes localités, ils voudraient attirer leur attention sur les conséquences de cette privatisation. Parmi les impacts négatifs qu’ils redoutent, figurent en bonne place les perturbations que la commercialisation de l’arachide risque de connaître. Parce que, selon eux, « rien ne dit que le repreneur va acheter toute la production ». Mais il y a surtout le déficit de semences déjà annoncé et qui devrait être d’environ 800 000 tonnes. Ils redoutent, en outre, que le repreneur de la Sonacos profite de la levée des taxes sur les huiles végétales pour en importer. Mais la privatisation de la Sonacos n’est pas le seul élément qui fâche le Cncr. Les producteurs membres de cette organisation paysanne s’insurgent contre ce qu’ils appellent les « errements » de la politique agricole. Ce qui les irrite à ce propos, ce sont surtout les « programmes spéciaux » du chef de l’Etat que sont le maïs, le manioc et, tout dernièrement, le bissap. Des programmes qui sont, à leurs yeux, « fantaisistes » parce qu’ils ne comprennent pas comment pourrait être atteint l’objectif de 100 tonnes de bissap. Une production qui, pour eux, devrait se faire sur 250 ha. Or, commentent-ils, un problème foncier se pose.
A cela, ils y ajoutent le manque de débouchés, de marchés de ces différents programmes spéciaux qu’ils jugent très coûteux puisque estimés à plusieurs centaines de milliards de francs Cfa. Ils déplorent aussi le fait que ces programmes spéciaux aient été conçus à leur insu, tout comme ils s’insurgent contre le fait que les programmes maïs et manioc n’aient fait l’objet d’aucune évaluation. Pour eux, l’argent prévu pour ces programmes aurait pu servir à régler les filières du riz, de la pêche, de l’élevage, de l’horticulture, de la pêche, etc., qui souffrent d’un profond malaise, selon eux.
La loi d’orientation agricole sylvo-pastorale qui a été adoptée depuis huit mois, est une autre source de frustration des paysans. Ces derniers dénoncent l’absence de décret d’application de ce texte juridique qu’ils jugent « nécessaire » pour la résolution des problèmes du monde rural.
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