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Après les grandes querelles, les grandes amours’, dit bien l’adage. Un adage qui s’est encore vérifié une fois de plus avec les retrouvailles entre le ministère de l’Agriculture et le cadre national de concertation des ruraux, Cncr. Lequel cadre, on se le rappelle, entretenait des relations très heurtées avec son ministère de tutelle au point d’engager le ministre Amath Sall à prendre des mesures draconiennes qui se sont traduites par une rupture nette.
Lesdites mesures auraient été dictées, selon certaines indiscrétions, par la participation du Cncr aux assises nationales. Laquelle avait été comprise par la tutelle comme une volonté du Cadre à faire de la politique aux côtés de l’opposition.
L’autre grief tenait aux critiques du Cncr contre les programmes agricoles comme la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) mais aussi et surtout par le fait que le Cadre avait ouvertement décrié les chiffres avancés par l’Etat quant à la production agricole de la précédente campagne. Des chiffres que le Cncr avait fortement revus à la baisse. Aussi, le communiqué conjoint ayant sanctionné la rencontre entre les deux parties, tenue le 9 février dernier et consacrant la levée de ladite mesure de suspension se veut-il le début d’un dégel dans leurs relations.
Un dégel que conforte d’ailleurs la présence du ministre de l’agriculture Amath Sall à Thiès hier pour présider la réunion du conseil d’administration du Cncr. ‘Un certain nombre de désaccords nous opposant au Cncr ont été analysés et harmonisés et je puis vous dire que tout ceci est maintenant derrière nous. Le Cncr a réaffirmé son caractère apolitique et son implication dans le développement rural et le ministère a pris en charge toutes les préoccupations qui étaient celles du Cncr concernant le renforcement de la concertation, celles liées aux questions de financement, à la mécanisation’, fait savoir Amath Sall. Et poursuit-il, des propositions ont été faites pour rendre opérationnelles les discussions que son ministère a eues avec le Cncr. ‘Des engagements ont été pris de part et d’autre et il y a aucune raison de douter du respect de ces engagements’, dira Hamath Sall. Preuve de l’entente retrouvée, le Cncr sera fortement impliqué dans la seconde phase de la Goana sans compter que les textes instituant un conseil national supérieur d’orientation agro-silvo-pastoral sont fin prêts et qu’ensemble ils vont aller dans le sens d’une institutionnalisation de la concertation. Le ministère et le Cncr devront, au moins, se rencontrer une fois tous les mois. De même et indépendamment du fait que le Cncr sera fortement impliqué dans la seconde phase de la Goana, le ministre fera savoir que son département a décidé de la création d’une compagnie d’assurance agricole, lors des concertations quant à la mise en place d’un système national de protection des agriculteurs, est ainsi confiée au Cncr. Laquelle organisation paysanne a d’ailleurs envoyé des missions en France et en Tunisie pour avoir une idée de ce qui se fait de mieux dans ces pays.
Quant au président du Cncr, Samba Guèye, il se réjouira de la décrispation dans les relations entre son organisation et sa tutelle. Ceci d’autant, dira-t-il, que leur seule raison d’exister est de participer activement, en amont comme en aval, au développement agricole de leur pays en mettant en place des chaînes de valeurs qui permettent aux producteurs de produire, transformer et commercialiser. Cette décrispation traduit-elle une volonté du Cncr de se détourner des Assises nationales et de leurs conclusions ? Samba Guèye se limitera à dire, de manière laconique, que le Cncr est une organisation privée et qu’il est partant pour tout acte de concertation allant dans le sens du développement du pays.
Sidy DIENG, correspondant
(Walfadjri du 17/02/09)
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