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’’Depuis sa création en 1993 jusqu’en 1997, le Cncr a mené de multiples combats pour se faire reconnaître et reconnaître le droit de s’organiser d’une manière autonome et indépendante de tout pouvoir’’. Cependant le Cncr qui s’est réjoui de ses acquis, constate que ’’depuis 2000, des tentatives de domestication et d’embrigadement de leur organisation se sont développés’’.
Pour étayer leurs accusations, ces acteurs du monde rural ont évoqué certains projets du chef de l’Etat. Il s’agit notamment de la création de la banque verte, de la révolution rurale, de la Goana. Et surtout de la syndicalisation, une proposition que le Cncr rejette. A ce propos, soutient cette organisation, ’’l’Etat veut nous imposer une organisation virtuelle qui ne peut pas prétendre représenter le monde rural du fait de sa simple volonté’’.
’’Compte tenu du développement des organisations paysannes au Sénégal, nous pensons qu’il n’est pas décent qu’un Etat organise et définisse un syndicat pour une quelconque catégorie sociale ou professionnelle’’, martèle Babou Ngom, secrétaire général du Cncr.
A son avis, si l’Etat croit nécessaire de créer un syndicat, il doit plutôt penser le faire pour ses propres fonctionnaires. Et non dit-il, ’’pour des gens de la société civile qui sont libres de créer un syndicat qui sied et qui répond à leurs ambitions et à leurs préoccupations’’.
D’ailleurs, expliquent les responsables du Cncr, c’est cette volonté de l’Etat de leur imposer un syndicat qui les avait poussé à se retirer de la table ronde nationale sur le financement du Programme national d’investissement (Pnia), organisée le 10 février dernier sous la présidence du Premier-ministre.
’’Le syndicat des paysans que le gouvernement veut nous imposer n’est même pas encore créé, il est en gestation’’, a soutenu Mamadou Cissokho, le président d’honneur du Cncr qui juge ’’illégitime’’ le fait qu’un syndicat ’’provisoire’’ puisse être représentatif pour agir au nom du monde paysan.
Précisant que le président des producteurs de bananes choisi pour diriger ce syndicat est affilié à leur organisation, M. Cissokho a souligné que le Cncr sur le principe, n’est pas contre la création syndicat des acteurs du monde rural.
Seulement, il estime que si le gouvernement a besoin d’un leadership pour parler aux paysans, il doit réunir ces derniers autour d’une table pour pouvoir identifier un porte-parole parmi eux. ’’Il (le gouvernement) peut nous donner des critères ou des indicateurs pour qu’on discute démocratiquement au lieu de nous appeler pour nous dire : « voila celui qui va parler à votre nom »’.
Très remonté contre la démarche des autorités, M. Cissokho laisse entendre que l’Etat crée des problèmes au Cncr, parce que tout simplement, c’est une structure autonome. ’’L’Etat veut nous écarter à cause de notre participation aux Assises nationales’’, affirme-t-il.
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