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Afin de neutraliser les intermédiaires, valoriser les produits mais aussi sécuriser les revenus des producteurs, la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) et l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base (Asprodeb) veulent mettre en place une ‘Bourse céréalière nationale’. Le président du comité d’organisation de la Fiara qui l’a annoncé hier révèle que les premiers jalons de cette institution seront posés au cours de la 11ème édition de la foire. Selon Boubacar Cissé, cette bourse va permettre d’identifier ceux qui s’intéressent aux produits agricoles comme les transformateurs, les organisations de consommateurs, entre autres, pour qu’ils déterminent assez tôt leurs besoins. Une frange qui aura en face d’elle des producteurs organisés.
Dans cette perspective, les initiateurs de la Bourse céréalière nationale comptent mettre à contribution les services techniques de l’Etat, les Organisations non gouvernementales (Ong), les chambres consulaires et les partenaires au développement. Pour le secrétaire général du Cncr, Baba Ngom, cette action qui est pour encourager la consommation locale s’inscrit en droite ligne des programmes nationaux qui participent de la souveraineté du pays et de la sécurisation des revenus des producteurs. Pour lui, les céréales ne bénéficient pas du système de commercialisation que connaît l’arachide. En ce sens, il s’agit d’amener les organisations professionnelles agricoles à déclarer leurs possibilités de productions, mais aussi les transformateurs pour établir un rapprochement. Un rapprochement qui va permettre de fixer les prix et de développer un partenariat contractuel. Par ce biais, laisse-t-il entendre, les intermédiaires qui, jusqu’ici, imposaient leur diktat par rapport aux céréales et aux légumineuses, à défaut de se formaliser, seront mis hors du circuit. Ce qui amènera les consommateurs à acheter les productions à un bon prix. C’est-à-dire à un prix négocié auprès des organisations professionnelles agricoles.
Aussi, cette bourse va-t-elle permettre aux producteurs de régler le déficit des régions en entraînant la résurrection des banques céréalières et permettra aux consommateurs de bénéficier des produits à des prix régulés et normalisés. Ce partenariat direct, sans intermédiaire, va permettre aux uns et aux autre d’avoir des marges de bénéfices assez consistants et de pouvoir vivre décemment de leurs activités. Autant dire la que prédominance des nombreux intermédiaires avec leurs corollaires de marges bénéficiaires qui grèvent le coût d’achat des céréales sera enterrée. Acheteurs, producteurs et structures d’accompagnement à la production et à la commercialisation vont faire entendre la bonne vieille loi de l’offre et de la demande.
APRES 10 ANS A LA PLACE DE L’OBELISQUE : La Fiara déménage au Cices
Pour la première fois de son histoire, la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara) ne se tiendra pas à la Place de l’Obélisque qui a accueilli les 10 premières éditions. C’est le Centre international de commerce extérieur du Sénégal (Cices) de Dakar qui abritera la 11e édition qui aura lieu du 7 au 18 avril prochain et dont le thème porte sur ‘Le rôle et la place des organisations professionnelles des producteurs dans le développement économique et social’. C’est le président de son comité d’organisation qui l’a révélé hier au cours d’un point de presse marquant le lancement officiel de ce rendez-vous annuel des agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et pasteurs de la sous-région ouest-africaine. Boubacar Cissé qui justifie la délocalisation de cette manifestation par sa popularité grandissante au fil des années informe que tous les défis se sont décuplés du fait du déplacement de la manifestation. A l’en croire, le comité d’organisation qu’il dirige ne pouvait encore se permettre de ne pas offrir un cadre plus valorisant à tous ces exposants qui, au fil des éditions, ont accepté de prendre en considération leurs conseils. Et de son avis, l’édition de cette année sera un tournant décisif et un challenge de taille pour les agriculteurs sénégalais.
Plus de 600 exposants venant du Sénégal et des pays de la sous-région sont attendus à cette 11e édition de la Fiara. Elle sera marquée par l’organisation de conférences-débats autour du thème central. La Fiara organisera, en collaboration avec le Conseil national de concertation des ruraux (Cncr), un débat sur la souveraineté alimentaire qui sera agrémenté par un concours culinaire spécialement réservé aux basketteuses sénégalaises, indique le président du comité d’organisation. Au plan culturel, renseigne M Cissé, la Fiara sera aussi un cadre privilégié pour valoriser l’identité des producteurs agricoles à travers ‘Rur’art’ qui se décompose en plusieurs compétitions.
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