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Programme d’investissement et de formation météorologique Enregistrer au format PDF Envoyer

Le Sénégal sollicite l’Omm dans le processus de mobilisation des ressources

Les insuffisances relevées dans le dispositif de l’Agence nationale de la météorologie du Sénégal (Anams), malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires, obligent les autorités sénégalaises qui célébraient hier, à l’instar de la communauté internationale, la Journée météorologique mondiale, à solliciter le soutien de l’Organisation météorologique mondiale dans le processus de mobilisation des ressources pour un programme d’investissement et de formation.

Malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires, l’Agence nationale de la météorologie du Sénégal (Anams) présente encore des insuffisances. Le constat a été fait hier, au Cices, à l’occasion de la journée météorologique mondiale par le directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures (Micatti), Abdoulaye Racine Kane. Suffisant pour qu’il invite l’Organisation météorologique mondiale (Omm) à accompagner encore plus le Sénégal dans le processus de mobilisation des ressources pour un important programme d’investissement et de formation des agents. Pour Abdoulaye Racine Kane, les actions jusque-là déterminantes de l’Anams ne sauraient prospérer sans une volonté ferme et une capacité d’investir dans les équipements à la pointe de la technologie et dans le renforcement des capacités de l’agence et de ses agents. ‘Le meilleur moyen de se préserver des aléas météorologiques, climatiques et hydrauliques, dont les incidences affectent tous les aspects de la vie, consiste à améliorer la surveillance, à accroître la précision des prévisions, la ponctualité des alertes et la sensibilisation, ainsi qu’à adopter des mesures de prévention et d’atténuation. Ce qui nécessite une coopération internationale à la fois inclusive et efficace’, a-t-il argumenté hier, en présence entre autres des ministres des Biocarburants et de la Pisciculture, Thérèse Coumba Diop, de l’Agriculture, Sokhna Fatou Gaye Sarr, et du directeur des Transports aériens, de l’Industrie aéronautique.

Abdoulaye Racine Kane a également invité les experts de la météorologie sénégalaise, en rapport avec leurs partenaires, à innover et à exploiter, de manière efficiente, les systèmes d’observation, de collecte et de traitements des données météorologiques et connexes. Ceci, explique-t-il, pour permettre aux acteurs à la base et aux usagers de recevoir des produits fiables qui aideront à une meilleure prise de décision au niveau de leurs activités respectives. Une mission que l’Anams se donne un point d’honneur à accomplir, parce qu’elle constitue un gage, pour le Sénégal, de réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Mais, encore faudrait-il selon son directeur général, Matar Ndiaye, que les usagers de l’information météorologique et climatique donnent leur contribution financière pour alléger les charges de l’Etat et du secteur des transports aériens et permettre à l’Anams de s’adapter aux exigences des évolutions rapides de la science de l’atmosphère et des technologies d’observation, de traitement et de transmissions utilisées. Cela leur permettra, par ricochet, d’obtenir de l’Anams des produits qui répondent au mieux à leurs besoins en ce sens qu’ils tiendront compte des données du temps, du climat et de l’eau.

DIVERSIFICATION DES RESSOURCES FINANCIERES : Les nouvelles mesures de l’Anams

Le directeur général de l’Agence nationale de la météorologie du Sénégal, Matar Ndiaye, est formel : une diversification des sources de financement de la météo sénégalaise constitue la seule garantie pour asseoir son développement durable et soutenu. C’est la raison pour laquelle, hier au Cices, lors de l’ouverture de la Journée météorologique mondiale, il a listé trois démarches à utiliser dans ce cadre, grâce aux résolutions de la deuxième session du Conseil d’orientation de l’Anams pour y parvenir. Il s’agit de l’établissement de textes réglementaires qui préciseront de façon claire les exigences de toutes les parties prenantes ; l’établissement de partenariat avec ses principaux usagers sous forme de contrat performance ; et l’élaboration de projets structurants pour la recherche de financement à travers la coopération bilatérale et multilatérale.

Expliquant les raisons de cette nouvelle démarche de l’agence qu’il dirige, Matar Ndiaye estime que la météorologie sénégalaise doit être plus apte à assurer sa véritable mission, afin que sa dimension puisse être perçue et reconnue formellement comme contribuant aux solutions des problèmes de développement social et économique qui se posent aux populations. A l’en croire, ces mesures n’enlèvent en rien le rôle de service public que l’Anams continuera de jouer avec la fourniture de services de qualité pour différents départements ministériels. Au contraire, rassure M. Ndiaye, ces mesures lui permettront de répondre positivement aux nombreuses sollicitations que l’Anams enregistre quotidiennement en provenance de différentes sources, comme les transports, l’énergie, la protection civile, la pêche, l’environnement, entre autres.

POUR AMELIORER LA VIE DES AGRO-SYLVO-PASTEURS : Ce que le Cncr attend des services de la météo sénégalaise

Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) a saisi l’opportunité de la célébration de la journée météorologique mondiale pour évoquer son souhait de disposer des outils et moyens permettant de prévenir les risques afin de mieux sécuriser et de rentabiliser la production des producteurs agro-sylvo-pastoraux. En effet, les activités agricoles, pastorales, forestières et piscicoles qui constituent l’élément moteur de l’économie en milieu rural sont aujourd’hui fortement perturbées, selon le secrétaire général du Cncr, Baba Ngom, par le ‘changement climatique’. Ces perturbations, explique-t-il, se manifestent par des cycles de sécheresse, d’inondation qui affectent grandement les communautés et leur capacité à assurer leur sécurité alimentaire. C’est pourquoi, dira M. Ngom, il est plus que jamais attendu des structures comme le service de la météorologie des appuis relatifs à la diffusion des informations. Lesquelles doivent être axées, selon le secrétaire général du Cncr, sur les prévisions climatiques saisonnières pour réduire les risques de pertes agricoles par la mise en place d’un système efficace d’alerte météorologique. En clair, il s’agira d’améliorer la collecte et la diffusion des observations météorologiques, climatiques et hydrauliques. Des données cruciales pour anticiper sur les conséquences de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et qui ont noms : pluies torrentielles, sécheresse, vagues de chaleur, nuages de criquets pèlerins, etc.

Pour éviter aux producteurs des investissements inutiles, le Cncr sollicite également des services de la météo sénégalaise un appui à la prise de décision par la diffusion d’informations appropriées et à temps sur le déroulement de la campagne agro-sylvo-pastorale. Baba Ngom soutient que cet appui doit aussi être axé sur la diffusion d’avis et de conseils agro-météorologiques avant et après la campagne, pour permettre aux producteurs de faire un meilleur choix de la culture et de la variété la plus appropriée. Aussi, le Cncr souhaite-t-il la mise en place d’un système d’information permanente pour permettre aux producteurs de prendre leurs dispositions dans la planification des activités agricoles comme la préparation des champs, le sarclage et autres entretiens culturaux, les dates de semi et d’épandage des engrais, etc., et des traitements phytosanitaires ainsi que la gestion de l’eau et un meilleur contrôle des sorties en mer.

Abdoulaye SIDY, Walfadjri, le 24 mars 2010

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