
Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) a souligné ce 17 avril la Journée mondiale des luttes paysannes. Cette Journée est l’occasion, à chaque année, de sensibiliser la population aux luttes des paysannes et paysans du monde entier.
Le secrétaire-général de l’organisation, Baba Ngom, a rappelé dans son discours introductif qu’en cette année de célébration du cinquantenaire des Indépendances, l’autonomie est un enjeu majeur : l’autonomie alimentaire du pays d’une part, et celle des paysans de l’autre. », a-t-il précisé.
Ce sont des membres du CNCR issus de différentes filières de production, originaires de plusieurs régions du Sénégal et s’exprimant dans les principales langues nationales, qui ont fait la lecture de la Déclaration, lors de l’avant-dernière journée de la FIARA. Ils ont d’abord exprimé la fierté des paysannes et des paysans du Sénégal devant le travail accompli afin de contribuer à l’autonomie alimentaire de leur pays.
Le CNCR a formulé, dans sa déclaration, deux grandes revendications.
La reconnaissance des activités des paysannes et des paysans et de leurs organisations
« Nous avons créé, au fil des ans, des organisations habilitées à nous représenter et à travailler de concert au développement et à la pérennité de chacune des filières de production : agriculture, élevage, pêcheries, foresterie et horticulture. » ont-ils proclamé, avant de souligner : « nous avons travaillé sur tous les fronts afin d’améliorer notre productivité et la mise en marché de nos produits. »
La participation des paysannes et des paysans au dialogue avec l’État
Les lectrices et lecteurs de la Déclaration du CNCR ont insisté sur leur volonté de collaborer avec l’État sénégalais à la mise en œuvre de la LOASP à travers un dialogue constant. Ils ont souligné l’indépendance politique de leurs organisations et indiqué que ces dernières appuieront chaleureusement les initiatives de l’État sénégalais qui sont destinées à améliorer les conditions d’existence des paysannes et des paysans mais qu’elles dénonceront celles qui risquent de compromettre leur bien-être en nuisant au développement ou à la pérennité des filières de production.
À la fin de la lecture publique de la Déclaration, le CNCR a distribué des affiches imprimées dans cinq langues nationales (wolof, puulaar, seereer, jóola et mandingue) et en français aux paysannes et paysans provenant de partout au Sénégal. L’activité a été suivie d’un débat organisé par le CNCR et le Réseau O. pour la sécurité alimentaire (ROSA) autour du thème « 50 ans après l’Indépendance : Quel avenir pour l’agriculture sénégalaise ? ». À propos de la Journée mondiale des lutes paysannes
La Journée mondiale des luttes paysannes a été instaurée à l’initiative de Via Campesina, un mouvement international de paysans, de petits et moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du milieu rural, de peuples indigènes et de travailleurs agricoles. Cette journée commémore le 17 avril 1996, date à laquelle dix-neuf paysans du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre du Brésil (MST) étaient assassinés par des tueurs à la solde de grands propriétaires terriens.
Chaque année, le 17 avril est une occasion de sensibiliser la population aux luttes des paysannes et paysans du monde entier.
À propos du CNCR
Créé le 17 Mars 1993 à Thiès par la volonté des producteurs à la suite d’une longue réflexion partagée avec tous les acteurs du développement national, le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) du Sénégal a pour finalité de contribuer au développement d’une agriculture paysanne qui assure la promotion socio-économique durable des exploitations familiales. Il regroupe 28 fédérations et unions paysannes actives dans toutes les filières (agriculture, horticulture, pêche, foresterie, élevage) et représente des millions de personnes.