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Samba GUEYE, président du CNCR, s’entretient avec l’IPAR Enregistrer au format PDF Envoyer

« 50 ans après l’indépendance, quel avenir pour l’agriculture sénégalaise ? »

Samba GUEYE est président du CNCR (Conseil National de Concertation et de Coordination des Ruraux), militant de première heure du mouvement. Engagé au niveau du ROPPA (Réseau des Organisations Professionnelles des Producteurs d’Afrique de l’Ouest), il fait également partie du comité exécutif de la FIPA et participe activement à la mise en place de la plate-forme africaine des organisations de producteurs.

En marge de la table-ronde organisée par le CNCR à la FIARA sur le thème « 50 ans après l’indépendance, quel avenir pour l’agriculture sénégalaise ? », il a accepté de répondre aux questions de l’IPAR.


Quel bilan tirez-vous des différentes politiques agricoles menées au Sénégal depuis 50 ans ?

On peut dire que beaucoup de choses ont été faites, beaucoup de situations traversées, mais aussi que beaucoup reste encore à faire.

En 1997, le Président de la République a, pour la première fois dans l’histoire du pays, accepté de recevoir les OP et nous avons eu ensuite des échanges réguliers : tous les ans avec le Président, tous les trois mois avec le Premier Ministre et toutes les semaines avec les Ministres. Cette étroite collaboration a permis de nombreuses avancées : réduction du taux de crédit de 12,5 à 7,5%, moratoire de 1% par an pendant 5 ans pour les producteurs endettés, programmes de phosphatage menés avec les élus locaux à deux reprises, négociation du PSAOP pour toucher directement les agriculteurs à la base, etc.

Pendant toute cette période, nous avons aussi renforcé notre décentralisation avec la constitution de cadres locaux de concertation et avons contribué au renforcement de capacité des producteurs. Cela nous a permis, par exemple, de mener pendant 4 ans un important travail sur la réforme foncière avec les communautés de base, du niveau local au niveau national. Cela représente un véritable acquis pour le mouvement paysan que nous tentons aujourd’hui d’amplifier et de mettre à jour.

Avec le gouvernement né de l’alternance, nous avons poursuivi le processus, notamment dans la seconde phase du PSAOP. Pour l’élaboration de la LOASP, l’Etat nous a accordé la possibilité de travailler et de développer une réflexion avec l’ensemble des acteurs concernés : du niveau local au niveau national, en passant par le niveau régional. Cette concertation a permis de faire des propositions qui ont fortement influencé le projet de loi final.

Mais le travail sur les décrets d’application n’a toujours pas été finalisé. Il doit être poursuivi. D’autre part, de grands efforts doivent encore être faits pour améliorer la maîtrise de l’eau et la chaîne de valeur des produits.On ne peut pas augmenter durablement la production, sans améliorer les conditions de transformation et de conservation.

Au niveau des exploitations familiales, nous avons encore beaucoup d’outils à développer et sommes en train de travailler avec la FONGS (un de nos membres) sur la productivité des exploitations familiales. De nombreux ateliers et rencontres vont encore être organisés jusqu’en octobre 2010, date à laquelle se tiendra un forum international réunissant le CNCR et ses partenaires producteurs, consommateurs, chercheurs/universitaires, opérateurs économiques, institutions publiques et privées, partenaires économiques et financiers, etc. Le comité de pilotage de ce forum sera officiellement mis en place dans 15 jours .

Actuellement, quels sont les principaux enjeux pour l’agriculture et les OP sénégalaises ?

On ne peut pas envisager sérieusement l’avenir de l’agriculture, alors qu’on est en train de reculer. Avec la syndicalisation des producteurs, complètement sous le contrôle de l’Etat, on est réellement face à une question de démocratie.

L’Etat doit accompagner tous les acteurs en adoptant une position de neutralité, c’est son rôle. L’Etat est là pour nous, c’est notre premier partenaire, il doit accompagner les OP pour qu’elles apportent leur participation à la sécurité et à la souveraineté alimentaire du pays. Nous devons conjuguer nos efforts avec ceux du gouvernement et travailler ensemble en créant un réel cadre de concertation.

Vous êtes à titre individuel membre de l’IPAR. Selon vous, qu’est-ce qu’IPAR peut apporter au débat sur les politiques agricoles au Sénégal ?

L’IPAR regroupe des personnes ressources provenant de différents secteurs d’activité et qui travaillent en symbiose. Ces échanges et complémentarités de points de vue permettent d’étayer notre réflexion.

A travers la réalisation de dossiers pointus (foncier, libéralisation de l’agriculture, LOASP…) et la formation, l’IPAR accompagne les OP sénégalaises et de la sous-région et nous apporte également un appui précieux en tant que responsables professionnels. Nous l’en remercions beaucoup.

Revue de presse

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