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Le Conseil national de coopération et de concertation des ruraux (Cncr) a célébré le samedi dernier, la Journée mondiale des luttes paysannes, en réclamant, à travers une déclaration rendue publique, « l’instauration d’un dialogue permanent entre l’Etat et les plateformes nées de la volonté des paysannes et paysans ». C’était le samedi dernier, dans l’enceinte de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), au Cices. C’est dire que la plus grande organisation faîtière des paysans du Sénégal, n’a pas encore baissé les bras dans la lutte que les pouvoirs publics ont engagée contre elle, et qui s’est caractérisée par des défections d’un grand nombre de représentants des organisations affiliées. Ces responsables sont allés rejoindre le Syndicat paysan « Japando », que l’Etat a mis en place.
La déclaration du Cncr affirme la volonté de ses membres d’appuyer, « à travers leurs organisations paysannes (Op, unions, fédérations, etc.) et le Cncr » les initiatives de l’Etat du Sénégal, mais uniquement celles « qui sont destinées à améliorer leurs conditions d’existence et de dénoncer celles qui risquent de compromettre leur bien-être en nuisant au développement ou à la pérennité de leurs filières de production ». Et pour que ce soit bien clair, en marge de cette déclaration, le président du Cncr, M. Samba Guèye, en s’adressant à la presse, a indiqué que son organisation n’adhérait pas au syndicat paysan cher au Président Wade, car, « à part en Union soviétique, on n’a jamais vu un Etat mettre en place un syndicat qui, par définition, aurait pour objet de le combattre ». Un syndicat créé par l’Etat, était pour ses camarades et lui, aux antipodes de ce qu’ils entendaient, dans leur déclaration, par « l’indépendance politique et l’autonomie de nos organisations ».
S’agissant des membres du Cncr qui ont franchi le Rubicon et rejoint le syndicat honni, le président précise que les concertations avec les organisations de base dont sont issus ces gens, ont démontré que ces individus sont partis d’eux-mêmes, et n’ont pas reçu mandat de leurs membres. Pour ce qui est de leur sort, il se décidera lors du Conseil d’administration qui sera convoqué à l’issue des concertations qui se poursuivent avec la base. Néanmoins, pour M. Guèye et ses camarades, il semble inconcevable de se réclamer du Cncr et d’appartenir en même temps à une organisation montée pour, entre autres, combattre celui-ci.
De l’autre côté, Marius Dia, le coordonnateur de la Cellule d’appui du Cncr, a précisé que cette Journée mondiale des luttes paysannes, serait dorénavant célébrée chaque année par les paysans sénégalais. Célébrée déjà dans plusieurs pays, à l’initiative de Via Campesina, le mouvement international des paysans, auquel le Cncr fait partie, elle rappelle l’assassinat au Brésil de 19 paysans du mouvement des paysans sans terre, par des tueurs à la solde de grands propriétaires terriens. La célébration régulière de cette date sera, « pour les paysans sénégalais, l’occasion de sensibiliser la population aux luttes des paysans du monde entier », affirme Marius Dia.
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