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Pour se constituer en bouclier contre les dérives qui menacent le Sénégal C’est parce que la situation que traverse le Sénégal est devenue plus que préoccupante que des associations, des Organisations non gouvernementales (Ong), des syndicats et collectifs ont décidé de mettre sur pied le Cadre de concertation et d’action de la société civile (Casc). Le Casc entend créer les conditions d’émergence d’une opinion significative capable de constituer un contre-pouvoir.
Le Casc dont la naissance a été annoncée, hier, au siège de la Confédération des syndicats autonomes (Csa), lors d’un point de presse, regroupant plusieurs associations, Ong, syndicats et collectifs. Il s’agit de la Csa, de la Raddho, du Forum civil, du Collectif des imams et riverains de Guédiawaye, de la Ligue civique sénégalaise (Lcs), du Cadre national de coordination et de concertation des ruraux (Cncr). L’Unsas et le Radi qui font partie des signataires du Manifeste du Casc n’étaient toutefois pas présents au point de presse.
Le Manifeste adopté par le Casc liste les maux dont souffre le Sénégal en ce moment. Il s’agit entre autres, de la situation macro-économique morose avec le recul du taux de croissance du Pib qui dépasse à peine 1% aujourd’hui, l’agitation récurrente dans les secteurs de l’éducation et de la santé, le train de vie de l’Etat et la forte dégradation des conditions générales de vie des Sénégalais. Le Casc qui, dans son manifeste, se dit choqué par la montée de la violence, de l’arbitraire et de l’impunité au Sénégal, dénonce l’érosion des fondations de la démocratie et de la Nation du fait de la montée fulgurante de la corruption, le non-respect de la séparation et de l’indépendance des pouvoirs, le tripatouillage de la Constitution, l’absence de dialogue politique et les mesures unilatérales du pouvoir en matière électorale, la persistance voire l’aggravation de la crise en Casamance, et fond de comble, les velléités de dévolution monarchique du pouvoir. Il soutient constater « avec regret l’inexistence d’une opinion publique forte et d’une mobilisation sociale significative à la mesure de la gravité de la situation, sans doute en raison de la dispersion de la société civile, de l’état d’anesthésie dans lequel se trouvent les principales centrales syndicales du pays et du manque de concertation, voire des rivalités entre organisations citoyennes ».
Le Casc reste persuadé que le Sénégal regorge de femmes et d’hommes de valeur et de foi, de démocrates et de patriotes sincères qui s’activent individuellement ou collectivement pour la défense et le renforcement des acquis et la préservation de l’avenir des générations futures. Malgré les maux qu’il dénonce, le Casc se dit « soucieux de consensus et d’indépendance à l’égard des partis politiques, attachés aux principes fondamentaux de la République, au travail bien fait et à l’éthique de gestion, autant qu’au triomphe de la vérité, du mérite et de la justice ». Voilà pourquoi, il décide « de constituer un bouclier citoyen contre les dérives qui menacent notre présent et hypothèquent l’avenir, en (se) rassemblant, en mutualisant l’information et en coordonnant (leurs) actions au sein d’une coalition souple ». Cette coalition a pour objectifs généraux de créer les conditions d’émergence d’une opinion significative, capable de constituer un contre-pouvoir, d’infléchir les tendances négatives, de servir de bouclier contre les dérives attentatoires aux principes fondateurs de la République et à l’unité nationale, de s’ériger en sentinelle veillant au respect des valeurs positives et aux pratiques d’une gouvernance transparente et démocratique, et de contribuer au renforcement et à la préservation d’un Etat de droit. Mouhamadou Mbodji du Forum civil tient toutefois à avertir sur leurs objectifs : « Nous ne sommes pas candidats à des élections ; nous ne soutenons aucun candidat. Nous ne sommes pas là pour alterner qui que ce soit ; nous sommes là pour alterner les conditions de vie des Sénégalais. »
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