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Préparatifs d’un forum paysan à Dakar Enregistrer au format PDF Envoyer

Ce qui manque le plus au Sénégal, c’est une dynamique de concertation qui mettrait en relation les autorités, les organisations paysannes et autres acteurs qui gravitent autour de l’activité paysanne afin que des solutions puissent être apportées aux problèmes du secteur. Le constat est du président du Cncr, Samba Guèye.

(Correspondance) - Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) et la Fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (Fongs) sont depuis hier en conclave à Somone (département Mbour). Une rencontre qui entre dans le cadre préparatoire du Forum paysan, prévu à Dakar au mois d’octobre prochain. Il devrait s’agir lors de ce conclave de réfléchir sur la question de savoir comment les exploitations familiales peuvent nourrir le Sénégal et d’élaborer, au besoin, un argumentaire s’appuyant sur des exemples concrets. Lesquels argumentaires devront constituer le socle porteur d’un plaidoyer fort en direction des pouvoirs publics afin de les amener à une meilleure prise en compte des exploitations familiales dans la politique agricole du pays. Car, estime le président de la Fongs, Babacar Diop, même s’il est vrai que l’agro industrie est bien présente dans ce pays, il demeure que des études ont fini de démontrer que les exploitations familiales, en plus du fait qu’elles contribuent sensiblement à l’atteinte de la sécurité alimentaire, jouent un rôle non négligeable dans les domaines de l’emploi des jeunes et de lutte contre l’exode rural et l’émigration clandestine.

‘Ce que nous voulons, c’est d’essayer de faire des propositions appuyées par un argumentaire solide pour interpeller encore nos gouvernants afin qu’on puisse avoir des espaces propices au dialogue et à la concertation’. Président du Cncr, Samba Guèye fait savoir : ‘Ce qui manque le plus au Sénégal, c’est une dynamique de concertation qui mettrait en relation les autorités, les organisations paysannes et tous les acteurs qui gravitent autour de l’activité paysanne afin que des solutions durables puissent être apportées aux différents problèmes qui interpellent le secteur’. Aussi, le Forum paysan d’octobre prochain devrait-il constituer pour les organisations paysannes, regroupées au sein du Cncr, un moment fort de plaidoyer. En effet, comme retenu par le comité de pilotage, les travaux devront permettre d’atteindre trois objectifs majeurs. Il s’agira de travailler à rendre visible la place, le rôle et la contribution des exploitations familiales et de leurs organisations à la sécurité/souveraineté alimentaire, d’alimenter le plaidoyer et le lobbying en faveur de l’agriculture familiale auprès des pouvoirs publics, organisations du secteur privé, de la société civile mais aussi des partenaires techniques et financiers. Le souci sera également d’alimenter les propositions pour le portage par le mouvement paysan sénégalais, ouest africain et continental.

La rencontre de Somone sera aussi mise à profit, en marge des travaux, par le président du Cncr, Samba Guèye, pour se prononcer sur la question de la syndicalisation du monde paysan. Une idée à laquelle il ne semble pas adhérer, du moins sous la forme qu’on entend lui donner. Selon lui, le syndicalisme organisé de la paysannerie n’a vu le jour qu’en Union soviétique et a montré ses limites avant de mourir de sa belle mort, il y a de cela 35 ans. Selon lui, l’Etat n’a pas pour mission d’organiser des syndicats mais plutôt de créer un environnement propice et d’accompagner les acteurs. Et à ceux-là qui tentent des sorties pour expliquer que ce n’est pas l’Etat qui veut organiser ce syndicat, Samba Guèye posera la question de savoir qui a créé un ministère de la syndicalisation et mis en place un bureau au sommet à charge d’organiser la base. Aussi, demandera-t-il à l’Etat de revenir sur sa position de départ et d’adopter une position de centralité pour mettre en place des espaces de concertation et de dialogue. Car, pour lui, le dialogue est indispensable puisqu’il y va de l’intérêt des populations et de l’Etat. ‘On ne peut pas diriger un Etat, avoir des acteurs concernés à tous les niveaux et ne pas adopter une position centrale. Ce qu’il y a comme ressource dans ce pays doit être partagé sans exclusive’, dit-il.

Sidy DIENG, Walfadjri, 27 avril 2010

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