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En plus d’avoir joué un rôle important dans la sécurité alimentaire des Sénégalais, dans la gestion des ressources naturelles ainsi que dans la construction des économies locales et régionales, les exploitations familiales rurales peuvent nourrir le Sénégal, selon le président du Conseil national de concertation et de coordination des ruraux (Cncr).
Si toutes les conditions sont réunies, les exploitations familiales rurales peuvent nourrir le Sénégal, a déclaré à Dakar le président du Conseil national de concertation et de coordination des ruraux (Cncr). Samba Guèye s’exprimait lundi au Centre international du commerce extérieur (Cices) à l’ouverture du Forum international du Cncr axé, pendant trois jours (29 novembre - 1er décembre), sur une grande interrogation : ‘Comment les exploitations familiales peuvent nourrir le Sénégal ?’
En présence du maire de Dakar, du directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, du représentant des bailleurs de fonds de la coopération bilatérale et de près d’un millier de paysans appartenant à une vingtaine de fédérations d’agriculteurs, d’éleveurs et de pêcheurs membres du Cncr, Samba Guèye a rappelé que les exploitations familiales ont toujours été au cœur de leurs actions depuis la création du Cncr en 1993. Mais, selon lui, ce choix n’a rien de passéiste parce qu’il explique le rôle important que les exploitations familiales ont joué dans la sécurité alimentaire des Sénégalais, dans la gestion des ressources naturelles ainsi que dans la construction des économies locales et régionales.
Cet important rôle joué par les exploitations familiales dans l’agriculture des pays de la sous-région, le président du Roppa (le réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest), Djibo Bagna, l’a aussi reconnu avant de souligner que c’est la Fongs-Action paysanne qui en est le précurseur. ‘Au début, cette notion n’était pas reconnue, elle était synonyme d’archaïsme, mais aujourd’hui elle a montré sa capacité d’une agriculture productive et compétitive…’, a affirmé le leader du Roppa. M. Bagna a également rappelé le rôle pionnier que la Fongs-Action paysanne et le Cncr ont joué dans l’émergence du mouvement paysan africain. Il a ensuite lancé un vif plaidoyer pour que les autorités gouvernementales du Sénégal reconnaissent ce rôle pionnier et accepte de dialoguer et de se concerter avec ce mouvement paysan.
S’adressant auparavant à ces frères venus de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mamadou Cissokho a rappelé les cinquante ans des indépendances des pays du continent. ‘Tous les ont fêtés dans l’allégresse, mais nous, avec ce forum, nous avons choisi de réfléchir de ce que nous allons disposer comme ressources naturelles (Ndlr : eaux, arbres, terres agricoles, pêche, etc.) dans les 50 années à venir’, a dit Cissokho, soulignant fort justement, la pertinence du thème de cette grande rencontre. Il rappelle à ce propos que la première souveraineté d’un pays, c’est la souveraineté alimentaire, allusion faite au Sénégal qui a importé 750 000 t de riz et dépensé l’année dernière 350 milliards de francs Cfa pour se nourrir. ‘Celui qui tient ton ventre tient ta dignité…’, a martelé dans la grande salle du Cices le bâtisseur infatigable du mouvement paysan africain.
Durant ce forum, rappelle-t-on, trois sous thèmes seront discutés dans des ateliers : ‘Comment mieux nourrir le Sénégal ?’, ‘Comment mieux gérer l’espace et les ressources naturelles ?’ et enfin ‘Comment mieux orienter le développement des économies et sociétés rurales ?’
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