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ACCAPAREMENT DES TERRES : Un chercheur de l’Ipar en cherche la pertinence Enregistrer au format PDF Envoyer

Article de M. GUEYE paru dans Le Quotidien, le 14 Décembre 2010 et portant sur une recherche relative à l’accaparement des terres conduite par le chercheur Iba Mar Faye, de l’IPAR.

Lors d’un atelier sur la sécurité foncière au Sénégal, le chercheur Iba Mar Faye s’en est pris à la justification de certaines décisions politiques. Iba Mar Faye n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Le chercheur, membre d’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), un think tank basé à Dakar, juge paradoxal que « face aux défis de la sécurité alimentaire, l’Etat encourage les Atge pour des entreprises agricoles étrangères qui ont d’autres préoccupations, principalement d’exportation ». Et il s’est appuyé pour le dire, sur les exemples de deux entreprises étrangères qui se sont établies dans la zone de Ross Béthio, où elles ont acquis à elles deux, plus de 600 ha de terres agricoles, qu’elles exploitent par la culture de produits essentiellement destinés à l’exportation.

De plus, ces entreprises, à capitaux français, marocains, anglais et italiens, qui bénéficient du statut d’Entreprise franches d’exportation (Efe) n’ont quasiment pas de retombées positives sur le terroir sur lequel elles sont implantées. D’abord, leur statut d’Efe fait qu’elles sont exemptées de taxes douanières. De plus, elles n’emploient qu’une main d’œuvre peu qualifiée, qui n’est pas des mieux payées. Quant aux ingénieurs qui travaillent sur les champs, ils sont recrutés en Europe, et payés cher, sous prétexte que les investisseurs ne trouvent pas sur place les spécialistes dont ils ont besoin.

M. Faye traitait cette question d’Acquisition de terres à grande échelle (Atge), au cours d’un atelier sur la gestion foncière au Sénégal. Sous l’égide de l’Université de Leiden, aux Pays Bas, du Cncr et de l’Ipar, une soixantaine d’acteurs environ, chercheurs, universitaires, paysans et fonctionnaires de l’Administration publique, se sont retrouvés hier dans le salon d’un hôtel de Dakar, pour d’abord, « retracer le processus de réforme foncière depuis son démarrage dans les années 1990, identifier les principaux enjeux liés à la sécurisation foncière des exploitations, mettre en avant les difficultés liées à la sécurisation de la gestion foncière au niveau des collectivités locales et apporter les éléments d’informations sur les phénomènes d’Acquisition des terres à grande échelle observés au Sénégal », selon les termes du document remis à la presse.

Dans sa présentation des « enjeux de la sécurisation foncière au Sénégal », le secrétaire exécutif de l’Ipar, M. Cheikh Oumar Ba a indiqué que la terre est un facteur de production et un capital marchand, et que, dans le milieu rural, le non-accès à la terre pouvait être cause de paupérisation.

Pourtant, Iba Mar Faye a démontré que les étrangers qui acquéraient des terres dans les zones rurales, à Ross Béthio comme ailleurs dans le pays, certainement, le faisaient de la même manière que n’importe quel citoyen. Il leur suffisait d’une demande adressée à la communauté rurale, « avec un projet d’investissement bien décliné », ou parfois demandes faites directement auprès de villageois. « Il y a parfois des demandes faites directement à l’Etat, et dans ce cas, il peut arriver que l’on déclasse une forêt pour l’attribuer, comme on a voulu le faire à Diama ».

Comme justification de ce travail sur le foncier, le document remis à la presse affirme que, « comme dans beaucoup de pays d’Afrique de l’ouest, les enjeux fonciers au Sénégal sont prépondérants du fait d’une inadéquation de ce cadre juridique et institutionnel avec les besoins des différents acteurs, ce qui a pour conséquence d’entraîner des pratiques locales qui s’éloignent des textes législatifs ». Et Cheikh O. Ba a rappelé les tentatives de réforme initiées, aussi bien par les pouvoir publics, qu’avec l’assistance des organisations de producteurs. Pour aboutir au fait que si tout le monde s’accorde sur la nécessité d’une réforme des textes, des divergences apparaissent sur ses objectifs. Pourtant, la journée de réflexion a montré que les problèmes fonciers ne se posaient pas que dans les zones rurales. Une étude faite par des étudiantes de l’Université de Leiden, portait sur la question foncière dans la commune de Yoff, avec les conflits qu’elle engendre, et comment ces conflits parviennent à être surmontés.

mgueye@lequotidien.sn

Voir aussi : Résumé d’une étude internationale de la Banque mondiale sur les acquisitions foncières à grande échelle rendue publique le 8 septembre 2010.

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