|
Quatre grandes organisations paysannes d’Afrique sub-saharienne, réunies à Dakar depuis hier dans un atelier de capitalisation du Programme d’appui aux organisations paysannes en Afrique (Paopa), demandent aux gouvernements africains d’accroître les ressources allouées au monde rural pour son développement.
En effet, ces structures qui cherchent à promouvoir le renforcement institutionnel des organisations paysannes et leur participation dans les processus politiques liés à l’agriculture et la sécurité alimentaire au niveau national, régional et international, pensent que le continent peut réussir le pari de la souveraineté alimentaire. Ce, à condition que les dirigeants misent sur l’agriculture qui emploie la grande majorité de ses habitants.
Elizabeth Antagana, présidente du programme, estime que, pour atteindre cet objectif si cher au continent qui consacre une grosse enveloppe financière à l’achat de produits alimentaires, les Etats doivent accroître la participation des paysans dans les prises de décision et renforcer le leadership des organisations paysannes pour la maitrise de la sécurité alimentaire.
‘Les résultats déjà obtenus dans la capacitation institutionnelle des organisations africaines font que ces dernières peuvent maintenant mieux négocier avec les pays pour accéder aux ressources afin de développer une production entreprenante en milieu rural permettant d’assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire’, soutient-elle.
Faisant état de l’impuissance financière de la majeure partie des paysans africains pour développer leurs unités de production, la présidente du Paopa lance un appel aux pouvoirs publics pour venir en appui à ces derniers. ‘Nous comptons sur les ressources publiques pour accroitre les financements du milieu rural.
Nous constatons des améliorations au niveau des Etats mais nous demandons un accroissement car les financements restent insuffisants pour que le secteur agricole et rural soit le moteur des économies de nos pays’, fait-elle savoir. Ainsi, elle suggère aux Etats qui, souvent, subissent fortement les contrecoups de pénuries de denrées alimentaires sur le marché mondial, de rehausser les budgets alloués à ce secteur que certaines organisations sous-régionales voulaient porter à 10 % dans la plupart des Etats africains.
Dans la même lancée, le Paopa qui a bénéficié d’un financement de 8 millions d’euros (plus de 5 milliards Cfa) sur la période 2009-2012, souhaite que les partenaires techniques et financiers des Etats africains augmentent leurs appuis en qualité et en quantité aux organisations de producteurs afin que ces organisations contribuent elles-mêmes à prendre en main leur développement.
S. DIOP Walfadjri
|