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UN TIERS DES SUPERFICIES CULTIVABLES AFFECTE PAR LA SALINISATION AU SENEGAL : Une menace pour la sécurité alimentaire Enregistrer au format PDF Envoyer


La salinisation des terres touche plus d’un million d’hectares au Sénégal. C’est sans doute ce qui a exhorté l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) et ses partenaires à tenir un atelier du 26 au 29 avril dont le thème est : « Lutte contre la salinisation et valorisation des terres salées dans un contexte de changements climatiques : état des connaissances et perspectives ».

Suite à la visite de terrain dans la région de Fatick, le mardi 26 avril, l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) tient jusqu’au 29 avril, au Pôle de recherche de l’Isra, à Dakar-Hann, un atelier avec plusieurs chercheurs dans le domaine de l’Agriculture et de l’Environnement sur le thème, « lutte contre la salinisation et valorisation des terres salées dans un contexte de changements climatiques : état des connaissances et perspectives ».

La salinisation des sols constituant l’un des facteurs les plus importants de la dégradation des terres à travers la planète. la lutte contre ce phénomène a mobilisé des organismes comme le Centre de recherche pour le développent international (Crdi). Selon Dr Innocent Butaré, représentant du Crdi, et administrateur de programme agriculture et sécurité alimentaire, « ce fléau de la salinisation des terres menace la sécurité alimentaire. Et le Crdi se devait d’intervenir, parce qu’une des missions du Crdi c’est de venir en aide aux pays en développent pour trouver des solutions aux problèmes de développent. Et le premier de ces problèmes c’est la sécurité alimentaire ».

Même son de cloche chez Omar Diaw, directeur de la Conservation des sols au ministère de l’Environnement et de la Protection de la nature. « Le problème de la salinisation des terres est un problème environnemental extrêmement sérieux qui interpelle le gouvernement, et l’ensemble des acteurs du monde rural ». Omar Diaw, qui qualifie ce phénomène « de fléau catastrophe », rappelle par ailleurs, que trois millions d’hectares de terres sont affectés. Soit déjà le tiers des superficies de terres devenu inexploitable, car il n’y a plus de végétation, ni de culture possible.

Le directeur de la Conservation des sols, s’appuyant sur les conséquences de la salinisation martèle : « c’est vraiment une catastrophe et si on n’y prend pas garde on risque d’allonger l’étendue de ces superficies par les autres phénomènes d’érosion hydriques, éoliennes, mais également de salinisation ». Omar Diaw est revenu sur l’importance de la tenue de cet atelier. « L’atelier vient à son heure parce qu’il va permettre de faire l’état des lieux par rapport aux connaissances de lutte contre la salinisation et développer les synergies en vue d’entreprendre des actions nécessaires pour y arriver ».

40 millions d’hectares de terres dont 15 millions directement liés aux facteurs anthropiques C’est dans cette mouvance que le Dr Coly Emile Victor, directeur de recherche à Isra annonce que cet atelier regroupe tous les partenaires pour présenter les acquis réalisés par les recherches, « pour voire les forces et les faiblesses et définir des perspectives d’actions ».

Dr Coly Emile Victor renseigne aussi que le gouvernement a initié un Programme national de lutte contre la dégradation des terres, un programme soutenu par des bailleurs de fonds ainsi que le Crdi. Le directeur de recherche à Isra tient à préciser que ce n’est pas le premier programme qui a été initié. « C’est un processus qui continue parce que la dégradation des terres ne va pas être gérée en quelques années. C’est un long processus. Il fallait d’abord comprendre ce qui est arrivé, comment s’est arrivé pour pouvoir dégager des possibilités de lutte et de récupération ».

Le Dr Coly Emile Victor, partant d’un constat Africain sur la salinisation, donne quelques statistiques sur ce fléau. « En Afrique, les superficies affectées sont de 40 millions d’hectares dont 15 millions directement liés aux facteurs anthropiques. Au Sénégal, le tiers des superficies cultivables est affecté par le sel.

Dans la région de Fatick, plus de 40% des terres sont affectées par le sel. L’ampleur de ce phénomène prend les allures d’une catastrophe écologique contre laquelle la région et le pays semblent désarmés ».

Source : Sud OnLine, par Aissatou DOUCOURE

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