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Source : SudOnLine, Publié le 06/05/2011, par Bacary DABO
L’utilisation des semences Ogm (Organismes génétiquement modifiés) dans l’agriculture sénégalaise risque de soulever une vague de contestations chez les producteurs qui le jugent prématurée. Malgré les avantages en terme de rentabilité qui leur ont été exposés, le scepticisme des producteurs est manifeste.
« Nous ne sommes pas encore prêts pour l’utilisation de semences Ogm ». C’est la conviction du Président du Cadre de concertation des producteurs d’arachide (Ccpa). Interrogé hier, jeudi 5 mai, en marge de la conférence sur le thème : « Enjeux de l’utilisation des semences Ogm dans l’agriculture », M. El Hadji Ibrahima Niass, pour conforter sa position, a relevé que « les semences Ogm coûtent trois plus cher que les semences naturelles ». Ce qui, à son avis, montre que le producteur sénégalais n’a pas la bourse pour l’acheter. « Pour nous, il n’est pas question que l’on utilise les semences Ogm parce qu’on a vu que toute la compétition pour leur utilisation nous amène à des résultats catastrophiques comme la vache, la grippe aviaire que les pays occidentaux peuvent gérer et pas nous ».
Actuellement, le Sénégal est sur le vote de la loi sur la biodiversité. Ce qui pose la question de l’utilisation des Ogm dans l’agriculture sénégalaise. Ce qui se pose dans un contexte où le débat sur les maladies animales se pose d’une part, mais de l’autre, la recherche de taux de rendement des récoltes.
L’un des animateurs de la conférence organisé par le comité de pilotage du Système national de recherche agro-pastorale (Snrasp), le Dr Mamadou Guèye, a soulevé des désavantages de l’utilisation des semences Ogm qui, selon lui, contribuent à l’appui d’une résistance des insectes à des toxines. Ce qui, à l’en croire, entraîne une perte irréparable de l’efficacité bio-pesticide. M. Guèye a ajouté que la diffusion des Ogm réduit la biodiversité et peut augmenter le risque d’intoxication des consommateurs.
Sur cette même lancée, l’utilisation des semences Ogm fait face à des enjeux qui font rejaillir des risques en contribuant à la dégradation de l’environnement et en menaçant la sécurité alimentaire. Sur ce dernier point, le Dr Guèye a souligné que les investisseurs consacrent des financements importants dans l’activité d’où leur volonté des multinationales d’en tirer le maximum en essayant de bénéficier des droits de propriétés intellectuelles. Devant cet état de fait, il se pose, d’après Dr Guèye, la question d’ériger une autorité nationale pour la biosécurité qui va se charger de la question de la régulation des semences Ogm.
Malgré les prémices d’une régulation, le représentant des producteurs a soulevé la question de l’existence de mesures d’accompagnement. « On peut bien voter une loi, amener un produit dans un pays alors qu’on n’a pas prévu les conséquences », avertit M. El Hadji Ibrahima Niass. Avant de signaler : « Il y a des pays africains comme l’Afrique du Sud et le Ghana qui peuvent se permettre d’utiliser les Ogm mais pour le Sénégal et les pays de la sous région je pense que c’est un peu tôt ».
A l’en croire, la plupart Il y a des pays de la sous-région qui commencent à s’intéresser aux Ogm car c’est ce sont souvent des firmes internationales qui l’imposent pour les vendre en donnant des informations qu’on ne maîtrise pas. Ça pose problème. Il faudrait que les gens soient d’abord formés parce que si on se précipite au Sénégal, par exemple, en allant vers une production à grande échelle, on arrive à des problèmes d’écoulement.
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