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Dakar, 5 juillet (APS)- L’accaparement des terres freine l’accès de la femme au foncier, à côté des pesanteurs socioculturelles et de la méconnaissance des lois et règlements, selon l’ONG Enda-Pronat qui, face à cette problématique, lance le débat sur la nécessité d’une réforme foncière.
Cette préoccupation résulte de l’étude intitulée ‘’L’amélioration et la sécurisation de l’accès des femmes au foncier au Sénégal’’, entamée en 2009 dans les zones éco-géographiques des Niayes, de Tambacounda et de la Vallée du fleuve Sénégal avec le groupe recherche-action sur le foncier au Sénégal.
Ses résultats étaient, mardi à Dakar, au centre d’une journée d’échange avec les élus locaux.
La rencontre dont l’ouverture a été présidée par Alé Lô, président de l’Union des association des élus locaux (UAEL), s’est tenue à la Maison des Elus locaux en présence des nombreuses femmes, d’élus locaux, du premier vice-président du conseil régional de Dakar, Ousmane Badiane, etc.
La recherche-action participative d’Enda-Pronat a réuni une équipe pluridisciplinaire et des acteurs d’horizon divers, notamment des universitaires, des journalistes, des religieux, des ONG, les populations locales, etc.
L’accaparement des terres est une préoccupation dans le monde rurale’’, a dit Mariama Sow, coordinatrice d’Enda-Pronat qui a plaidé pour une ‘’réforme foncière’’, en vue de faciliter davantage l’accès des femmes à la terre.
Dans un film documentaire projeté lors de la séance, des habitants de villages sénégalais ont aussi fustigé cette dépossession de terrains dont ils sont victimes et qui les prive à long terme de zones de culture et les conduirait à l’appauvrissement.
Le phénomène de l’accaparement des terres par achat, emprunt ou déclassement n’est pas le seul frein à l’accès au foncier pour les femmes. Les obstacles classiques demeurent toujours, selon l’étude d’Enda-Pronat qui relève que 72% des femmes accèdent au foncier par la voie de l’héritage.
Les femmes buttent également sur une méconnaissance des textes juridiques, leur sous représentation dans les instances de décisions et les contraintes socio-culturelles.
La recherche-action d’Enda-Pronat fait état aussi d’une ‘’agrégation hybride’’ de dispositions avec l’existence simultanée de la loi et de la coutume en matière foncière.
Parmi les recommandations faites par l’étude, figurent une application correcte de la loi sur le foncier, une évolution du corpus juridique et des dispositifs institutionnels, la sensibilisation des femmes, la traduction des textes législatifs et réglementaires dans les langues nationales, favoriser l’accès des femmes aux instances de prises de décisions locales.
Enda-Pronat compte mener un travail de plaidoyer et de sensibilisation sur le sujet auprès des décideurs. C’est dans ce cadre que ses responsables ont rencontré le Conseil économique et social.
Au-delà du partage des résultats de cette étude, l’objectif visé est de parvenir à des stratégies de solutions et de mobilisation des élus locaux et autres décideurs sur les enjeux d’une réforme foncière aux fins d’un plan d’action et de sa mise en œuvre.
L’acquisition de terres agricoles en Afrique par des investisseurs étrangers a pris une ampleur telle ces dernières années qu’elle inquiète les ONG et organisations de la société civile. Ce phénomène, communément appelé ‘’accaparement de terres’’ par les spécialistes va en s’amplifiant, selon la Banque mondiale.
D’août 2009 à octobre 2010, 42 millions d’hectares de terres ont été cédés dans les pays du Sud à des investisseurs, selon un rapport de la banque. Et sur ces 42 millions d’hectares, 75% proviennent de l’Afrique subsaharienne.
Une étude de l’ONG britannique Oxfam international sur la question révèle que ‘’l’accaparement des terres’’ est une réalité au Sénégal, au Mali, en Tanzanie, en Ethiopie et au Mozambique.
Au Sénégal, la communauté rurale de Mbane, dans le nord du pays, est souvent citée en exemple. Plusieurs centaines d’hectares de terres y ont été attribuées à des dignitaires du pouvoir, occasionnant une grogne des populations et des élus locaux.
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