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Est-ce que la Commission sous régionale des pêches prévoit des mesures pour la problématique de la gestion des espèces migratoires qui divise l’Etat et les acteurs de la pêche au Sénégal ?
Il n’y a pas de dispositions particulières, en ce qui nous concerne, pour un pays déterminé. Nous sommes pour une approche régionale. Il n’y a pas de solutions pour un pays donné. Comme vous le savez, le poisson ne connait pas les frontières, donc si on n’utilise pas une approche régionale, on ne pourra pas apporter une solution aux problèmes d’un pays donné. Il s’agit de ressources partagées. Si on prend uniquement des mesures pour le Sénégal, on sera dépassé aussi tôt. Il appartient aux autorités locales de gérer ce problème de gestion des espèces migratoires. En matière de réglementation, ou de législation, nous avons défini un cadre global qui est valable pour l’ensemble des pays. Le seul problème auquel on est confronté c’est que les pays ne prennent pas en charge les dispositions qui sont prises dans le cadre des conventions régionales qui sont au dessus des lois nationales.
Quelles sont les dispositions de vos conventions que les pays ne respectent pas souvent ?
Elles sont relatives notamment à tout ce qui a trait à l’exploitation de certains stocks notamment les petits pélagiques (ce qu’on appelle le yaboye au Sénégal) qui se déplacent. Ce sont des stocks migrateurs qui sont partagés entre deux à trois pays. Ce qui fait qu’au cours de cette présente rencontre de Dakar, nous sommes en train de voir quelles sont les nouvelles conditions d’accès qu’il faut mettre en place. Celles qui ont été prises en 1993 sont pratiquement dépassées parce que d’abord, l’état des stocks a évolué. Nous sommes dans une situation plus ou moins grave d’autant plus qu’il y a maintenant des techniques qui sont développées et qui font que les pêcheurs ont tendance à utiliser des matériels les plus sophistiqués. Ce qui a une incidence sur la ressource. L’utilisation même des engins de pêche doit être réglementée et dans la convention, toutes ces questions sont abordées. Il faut souligner que ce n’est pas le navire ou l’embarcation qui est important, mais les engins de pêche utilisés. En plus, nous déterminons des zones de pêche qui doivent être respectées par l’ensemble des pays.
Et la question des accords et autorisations de pêches que des pays comme le Sénégal signent ?
Puisse qu’on parle de conditions d’accès à la ressource, cette question sera forcément prise en compte dans cette convention. Dans ce cadre, il faut signaler qu’il y a la licence libre qui concerne un bateau qui vient pêcher et s’en va. Il y a également l’affrètement où, le navire étranger qui pêche, est obligé de débarquer au moins une partie. Il y a aussi les armements nationaux avec la pêche artisanale et industrielle. Le problème que nous avons noté surtout au niveau de la législation du Sénégal, c’est qu’il y a une certaine délimitation des zones qu’il va falloir reprendre parce que si vous avez en même temps des chalutiers et des senneurs qui pêchent dans la même zone, il y a forcément des conflits. C’est pour cela qu’au niveau de la Commission sous régionale des pêches, le Sénégal doit revoir encore un peu les législations à l’accès pour certaines pêcheries en particulier pour le pélagique en ce qui concerne les zones de pêche. On ne peut pas avoir une même zone pour les chalutiers et pour les senneurs parce que d’une part vous avez un enjeu de pêche très actif et de l’autre côté, un enjeu passif. Alors, si on ne fait pas une bonne utilisation des armements, on crée des conflits.
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