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La concertation pour une gestion efficiente des ressources halieutiques et des sites de pêche artisanale. C’est l’axe principal du projet Comfish de l’Usaid dont la présentation a été faite hier, mercredi, au cours de l’atelier qui s’est ouvert en présence du directeur des pêches maritimes.
Pour faire face à la forte pression sur la ressource halieutique au Sénégal, le projet Usaid/ Comfish mise sur un modèle de gestion concertée des pêcheries et des stocks prioritaires. A cet effet, l’atelier ouvert ce mercredi 20 juillet, à réuni plusieurs acteurs aux fins d’identifier les stratégies efficaces de gestion des ressources halieutiques du Sénégal. Ce modèle Comfish proposé par l’Usaid, prend en compte plusieurs dimensions. Selon le directeur du projet, il s’agit dans un premier temps d’ajouter des informations relatives aux aspects socioéconomiques de la pêche aux données biologiques et sociaux déjà relevées.
Le second but du projet, de l’avis de M. Chris Mathews consiste à réviser les structures établies dans les zones côtières et qui lient les villages de pêcheurs au département de la pêche maritime. En dernier, le projet Comfish vise à identifier les stocks et les écosystèmes les plus importants à étudier et à aménager. L’intérêt pour le projet est de donner à tous les bailleurs et acteurs du secteur de la pêche, l’opportunité de décliner leur priorités et méthodes d’action afin d’aller vers une synergie des actions.
La mise en œuvre de ce modèle, selon son directeur, « permettra à la pêche de jouer pleinement et de façon durable son rôle socio-économique au Sénégal, tout en préservant l’environnement marin. » Ce projet, selon l’adjoint au coordonnateur, est un appoint dans la mise en œuvre de la lettre de politique sectorielle pêche/aquaculture. Elle vise l’amélioration des revenus des acteurs et celle de la chaine de valeur, ajoute Mme Khady Sané Diouf, qui souligne la démarche participative prônée par le modèle Comfish.
« L’innovation majeure porte sur la concertation avec l’ensemble des partenaires privés et publics pour aller vers une synergie d’action sur le choix des espèces et la définition des unités de gestion », a fait savoir madame Diouf.
Le modèle Comfish repose sur trois niveaux essentiellement. Le premier niveau est relatif à la mise en place d’unités de gestion durable (choix des stocks, des espèces de poissons par les populations. En deuxième lieu, il s’agit d’améliorer la gouvernance locale des pêcheries et enfin le renforcement des capacités des institutions et des acteurs concernés. C’est ainsi que des concertations ont été menées au niveau des acteurs sur divers sites et zones de pêches du pays. A l’issue de ces concertations, des critères tels que la valeur marchande de l’espèce, son rôle dans l’alimentation et la sécurité alimentaire on été retenus. Et, sur la base de ces critères et selon les localités, un certain nombre d’espèces a été retenu par le projet. Il s’agit entre autres de la crevette, du mulet, des mollusques (cymbium et poulpe), des sardinelles et du mérou.
Pour le directeur des pêches maritimes, le projet vient à point nommé et l’atelier se tient dans un contexte de mutations aussi bien au niveau de la ressource que des acteurs et ses modes de gestion. « Une gestion qui passe du mode directif à la forme concertée », selon Moustapha Thiam. Saluant l’initiative de l’Usaid comfish, le représentant du ministre de l’Economie se réjouit de ce modèle de gestion durable des zones de pêche qui, selon lui, « permettra de faire face à la crise que le secteur de la pêche dans notre pays. » Considérant l’importance économique, social et biologique du secteur qui fournit prêt de 600 000 emplois directs et indirects soit 17% de la population active du pays et qui produit 300 000 tonnes de protéines de haute qualité et la large variété d’espèces qui peuplent l’espace marin du Sénégal, le directeur a assuré que « les autorités ne ménageront aucun effort pour l’adoption et la mise en œuvre de ce modèle au profit des populations. »
Autorisations de pêche : vers la décrispation ?
En marge de cet atelier, le directeur des pêches maritimes s’est également prononcé sur la crise dans le secteur de la pêche, notamment le bras de fer entre le ministère de l’Economie maritime et le groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal. A en croire Moustapha Thiam, le dialogue avec le Gaipes est en cours et, bientôt, des points de jonction devraient être trouvés entre les deux parties. « On peut être optimiste et je pense que tout rentrera dans l’ordre sous peu », a-t-il dit. Avant d’ajouter que le dialogue est aujourd’hui une « obligation » pour toutes les parties « avec les tendances qui se dessinent » et à cela, s’ajoute le fait que la ressource est commune à tous, « d’où l’importance de se mettre autour d’une table pour discuter sur les possibilités de sa gestion durable au profit de toute la collectivité. » Rappelons que le ministère de l’Economie maritime et le regroupement des pêcheurs industriels étaient à couteaux tirés à propos d’autorisations de pêche accordées à des bateaux étrangers pour des contreparties financières jugées « dérisoires » au regard des quantités de poissons exploitées par ces navires de pêches étrangers.
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