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Une rencontre d’échanges entre les directeurs de cinq institutions de recherche Ouest-africaines et la presse s’est tenue hier jeudi 29 septembre au Centre de recherche pour le développement international (Crdi). Ces chercheurs qui viennent du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal sont en formation sur les techniques de mobilisation de ressources jusqu’au 30 courant dans le cadre de « l’Initiative Think Tank » (Tti).
Compte tenu du fait que la plus plupart des instituts dans les pays en développement ne reçoivent pas assez de financement pour « établir leur propres priorités de recherche », le Centre de recherche pour le développement international (Crdi) a mis en place « l’Initiative Think tank ». Selon Kathryn Touré, directrice régionale du Crdi, ce programme permet au institutions de recherche des pays en développement d’engranger des outils de mobilisation de ressources pour produire plus facilement une recherche solide capable d’informer et d’influencer les politiques publiques en Afrique, en Amérique latine et dans les pays de l’Asie du Sud.
Prenant part à la rencontre d’échanges entre les directeurs de cinq institutions de recherche Ouest-africaines et la presse tenue hier jeudi 29 septembre au Crdi, elle a expliqué qu’il s’agit d’appuyer ces chercheurs à « mener la recherche au niveau local pour satisfaire les besoins de développement » car ce sont les chercheurs locaux qui sont au fait des problèmes et réalités du pays, précise-t-elle.
Cette Initiative financé à hauteur de 110 millions de dollars US (environ 25 milliards de F Cfa) est étalé sur 5 ans. Elle vise à apporter un soutien financier et institutionnel à des institutions de recherche indépendantes sur les politiques publiques dans les pays en développement, communément appelées Think tanks (groupes/centres de réflexion). Elle est présente en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud.
A terme, le CRDI espère ainsi stimuler l’émergence d’un groupe dynamique d’institutions et de leaders travaillant à l’échelle nationale mais aussi régionale et internationale, qui participera activement aux débats fondamentaux de l’heure. Toutefois, « les institutions doivent avoir une influence sur les politiques publiques pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Elles devaient présenter leurs publications avant de subir une visite de leurs locaux respectifs », souligne Kathryn Touré.
De l’avis de Diakalia Sanogo, Administrateur de programme senior Tti au Crdi-Dakar, après les appels à manifestation d’intérêt lancés en 2008 et 2009, plus de 300 candidatures ont été sélectionnées. Après une sélection suivant des critères notamment la reconnaissance officielle, l’implication dans le système de gouvernance, l’indépendance et la bonne gouvernance, 25 institution de recherche ont été retenues en Afrique subsaharienne, dont 11 institutions d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Vers la création d’un Conseil national de la recherche
Au Sénégal, ce sont l’Initiative agricole et rurale (Ipar) qui a obtenu un financement de 400 mille dollars canadien, soit environ 160 million F Cfa pour deux ans renouvelable et le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) qui bénéficient de cette initiative. Les thématiques de recherche investies par ces institutions sont entre autres « Pauvreté et inégalités », « Intégration régionale et développement économique », « Politiques d’éducation », « Politiques agricoles et performance de l’agriculture », etc.
Pour Tahir Diop, directeur de la recherche, la démarche du CRDI qui va dans le même sens que les objectifs du ministère de l’Enseignement supérieur du Sénégal « car tout le monde sait que la recherche est un moteur de développement. C’est pourquoi, il y a deux ans de cela, nous avons créé le réseau de parlementaires pour l’enseignement et la recherche ». C’est ainsi que, « par le biais des centres nationaux d’essais, établis dans toutes les régions du pays, nous essayons de socialiser et de populariser toutes les recherches faites au Sénégal » en vue d’une visibilité de la recherche, confit-il.
A l’en croire, pour l’intégrer dans les politiques publiques « l’Union africaine (Ua) recommande aux Etats membres de consacrer 1% du Produit intérieur brut (Pib) à la recherche. Le Sénégal en est encore à 0.5%. On s’achemine vers la mise en place d’un Conseil national de la recherche qui regroupera tous les acteurs de la recherche scientifique et technique » informe-t-il.
D’ailleurs, ajoute Tahir Diop, un fonds d’aide à la recherche scientifique pour les jeunes doctorants, des groupes thématiques organisés pour décloisonner la recherche sont mis en place. Dans ce cadre, un financement de 14 milliards sur la recherche agricole est disponible.
Pour la mise en œuvre de ce programme, le Crdi a noué un partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlett, le département du développement international (DFID) du Royaume-Uni et la Direction générale de la coopération internationale (DGIS) des Pays-Bas.
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