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Le lendemain du drame de Fanaye, le Cadre de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) a publié un communiqué pour porter une forte critique des politiques foncières de l’Etat du Sénégal. L’organisation paysanne a d’abord tenu à rappeler que c’est grâce à sa détermination que le vo¬let foncier, « extrêmement litigieux proposé en 2003 a finalement été retiré de la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (Loasp) ». Mieux, explique le communiqué, après cela, « l’Etat s’était engagé, au bout de 2 ans, à poursuivre et à faire aboutir une réforme foncière consensuelle ». Malheureusement, « en dépit de cette volonté pacifique de traiter équitablement la question foncière, un nouveau projet de texte qui visait à créer de vastes zones d’investissements intensifs en immatriculant les terres au nom de l’Etat a été, en 2008, introduit par le gouvernement du Sénégal. Le projet de texte disposait que ces terres devaient être cédées à titre de bail, droit de superficie ou titre foncier, uniquement à des investisseurs capables de les mettre en valeur suivant un modèle d’entrepreneuriat agricole ou d’agrobusiness. Ce qui excluait forcément les exploitations agricoles familiales. Cette vision du foncier nous a paru en divergence profonde avec la conception du développement agricole et rural telle que proposée dans la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (Loasp). C’est pour toutes ces raisons que le Cncr a vivement manifesté aux autorités son opposition à ce projet de texte ».
Néanmoins, les ruraux du Cncr demandent aux populations rurales de ne recourir qu’à des méthodes légales pour contester des décisions qu’elles jugeraient inéquitables et infondées. Le Cncr, qui affirme bannir toute forme de violence, indique sa conviction que « seuls le dialogue et la concertation peuvent régler les divergences sur le foncier », et demande à l’Etat de faire preuve de vigilance et de se mettre à l’écoute des populations rurales et « des organisations qui représentent les exploitations agricoles familiales », comme le Cncr certainement. Pour finir, l’organisation, qui n’a pas pris position sur le conflit à la base de la crise à Fanaye, demande à l’Etat « d’engager immédiatement un processus inclusif de réflexion sur la réforme foncière afin de mieux sécuriser et protéger les droits des populations locales ».
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