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Conscient des risques qui pèsent sur l’agrément national d’exportation des produits de la pêche vers le marché de l’Union européenne, la Direction des industries de transformation de la pêche (Ditp) a rassemblé les acteurs de la filière pour les sensibiliser sur la nécessité de gérer de manière rigoureuse la qualité sanitaire du produit débarqué sur les huit quais pilotes.
Le Sénégal décidé à être aux normes. 35 acteurs de la pêche, issus des quais de Ouakam, Hann, Thiaroye, Kayar, Mbour, Joal, Ziguinchor et Kafountine, viennent d’être sensibilisés sur les enjeux du maintien de l’agrément national à l’exportation des produits de la pêche vers l’Union européenne. En effet, pendant 6 jours, ces professionnels de la pêche ont été imprégnés des normes à respecter pour une bonne gestion de la qualité des produits débarqués. C’était dans le cadre de l’atelier de renforcement de capacités des acteurs sur la mise aux normes en l’amont de la filière pêche, organisé par la Direction des industries de transformations de la pêche (Ditp) au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar.
Cette rencontre, qui avait pour thème : ‘Amélioration de l’état sanitaire des produits de la pêche en amont de la filière industrielle’, s’inscrit dans le cadre du suivi des recommandations de la dernière mission d’inspection de l’Ue, en 2010. Laquelle avait beaucoup insisté sur la mise aux normes en amont de la filière. En effet, ces dernières décennies, la pêche artisanale, de par son importance dans l’activité du sous secteur, a connu un développement fulgurant. Qui, selon la Ditp, s’est traduit par ‘une augmentation du nombre de pirogues et d’engins de pêche, un développement des sites de débarquement, une prolifération des fabriques de glace et une augmentation des véhicules de transport des produits’. Mais, paradoxalement, cette progression n’est pas suivie de dispositifs pour la mise place d’une réglementation permettant d’organiser l’amont de la filière. Une situation qui fait qu’on note, aujourd’hui, beaucoup de problèmes à ce niveau comme les non conformités dans la conception et l’aménagement des sites de débarquement, le non-respect des normes d’hygiène au niveau des sites, pirogues, véhicules et fabriques de glace et des équipements et outils de travail qui sont obsolètes.
Ainsi la Ditp, chargée du contrôle de la qualité des produits halieutiques sur toute la filière d’exportation, a donc jugé nécessaire de mettre les Gie interprofessionnels, les mareyeurs des huit sites de débarquement pilotes, ainsi que les agents de l’administration, au fait des nouveaux textes relatifs à l’amont de la filière de l’industrie halieutique. ‘Cet atelier nous a permis d’échanger et d’essayer de trouver des solutions aux problèmes qui sont posés, notamment dans le transport du produit. Il y a des véhicules inappropriés, comme les taxis clandos, qui sont souvent utilisés pour convoyer le produit alors qu’en la matière, la réglementation existe’, a dénoncé, samedi dernier lors de la clôture de cet atelier, Diène Faye, directeur de la Ditp. Qui informe que le Programme régional des pêches (Prao) va intervenir incessamment pour aider les quais dans l’aménagement. ‘Tous les sites seront clôturés pour en éviter l’accès à certains animaux qui ne doivent pas être en contact avec le produit. Une évaluation technique et financière a été faite et a évalué les investissements à réaliser à plus de 5 milliards de francs Cfa. Mais, depuis, il y a eu l’intervention du Stabex et de l’Etat. Donc, avec l’intervention du Prao, les choses vont pratiquement être faites’, poursuit Faye.
Le quai de Hann inapte au débarquement
Mais, en attendant cette intervention tant attendue, ces quais pilotes continuent de faire face à un certain nombre de difficultés qui ne militent pas en faveur du maintien de l’agrément national. Ndèye Khady Fall Kébé, agent de qualité au quai des pêches de Mbour déplore, en effet, le coût élevé de l’eau potable et de l’électricité dans les quais. ‘Il faut que l’Etat puisse revoir les coûts d’approvisionnement en eau pour qu’on ait suffisamment d’eau pour traiter et nettoyer les produits’, note-t-elle.
Moustapha Fall du quai de Mbour, lui, pense qu’il y a encore du travail à faire au niveau des acteurs mais également de l’administration du secteur. ‘Si j’avais une suggestion à faire à l’autorité compétente, c’est de déplacer le quai de pêche de Hann pour l’amener à Thiaroye. Parce que, de mon point de vue, le quai de Hann ne peut pas respecter les normes édictées. Il se trouve dans une zone très polluée. Tous les industriels de Dakar déversent pratiquement leurs eaux usées sur la baie de Hann’, fait-il remarquer.
Rappelons que le sous-secteur de la pêche est un maillon très important de l’économie sénégalaise de par sa contribution aux équilibres macro économiques mais également à l’emploi et à la satisfaction à 70 % des besoins nutritionnels de la population en protéines animales. Les débarquements de la pêche maritime sont estimés en moyenne à 400 mille tonnes par an, et l’activité génère environ 600 mille emplois directs et indirects. Actuellement les exportations des produits de la pêche tournent au tour de 80 mille à 90 mille tonnes par an.
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