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Pour leur accès à la terre en Afrique : Secouer le pagne pour lever les obstacles Enregistrer au format PDF Envoyer

Article de Walfadjri sur l’accès des femmes aux terres cultivables.

Les femmes africaines doivent engager le combat pour leur accès aux terres cultivables. C’est ce que préconise, Bineta Diop, Directrice exécutive de l’Ong ‘Femmes Africa Solidarité’ (Fas). Elle a invité hier à Dakar ses sœurs du continent à œuvrer pour des réformes foncières prenant en compte l’intérêt de la femme.

L’accès à la terre est au cœur du débat en Afrique. L’on se demande si les droits de la terre existent-ils vraiment pour la femme africaine. Le constat laisse croire que les hommes restent les vrais détenteurs des droits fonciers. Pourtant, faciliter l’accès à la terre pour les femmes est une réponse pertinente aux défis, comme la crise alimentaire, auxquels le continent se trouve confronté.

Pour remettre les choses à l’endroit, la Directrice exécutive de l’Ong ‘Femmes Africa Solidarité’ (Fas), incite les femmes à œuvrer pour leur accès aux surfaces cultivables. Mme Bineta Diop est d’autant plus convaincue de ce qu’elle défend ‘qu’en Afrique, la terre est octroyée aux firmes étrangères’. Elle estime que malgré leur faible accès à la terre, les femmes sont de grandes productrices et constituent 80 % des agriculteurs sur le continent.

Au Sénégal, le non accès des femmes à la terre est dû à un manque d’information et de communication, selon Absa Wade Ngom, Directrice du Genre, au ministère de la Culture, du Genre et du Cadre de Vie. Elle pense que n’étant pas informées des dispositions constitutionnelles qui garantissent aux femmes l’accès à la terre, ces dernières ne s’en prévalent pas.

Les explications de Mme Ngom sont du reste corroborées par les résultats d’une étude de deux ans menée par l’Ong Enda-Pronat sur un échantillon de 100 personnes dans les zones de Niayes, de la vallée du fleuve et du Sénégal oriental. L’enquête récemment publiée montre que les femmes éprouvent d’énormes difficultés pour accéder au foncier au Sénégal, notamment celles rurales. Trois femmes sur quatre au Sénégal n’ont pas accès à la terre. Trois femmes sur quatre n’étant pas détentrices d’un patrimoine foncier, elles forment la couche sociale la plus lésée dans la distribution des terres dans toutes les régions du Sénégal. Il ne leur reste que l’héritage comme principale voie d’accès au foncier pour 72 % de femmes contre seulement 67 %. Le phénomène d’accaparement des terres par ceux qui ont les moyens est passé par là. A titre illustratif, le 23 novembre dernier, ce sont les femmes de la communauté rurale de Thiénaba qui réclamaient des terres pour leurs activités agricoles. La convoitise que ces terres de Thiénaba suscitent fait que le groupement de 250 femmes n’a que cinq hectares pour faire du maraîchage, se désolait Louty Sow, leur présidente. S’ajoutent à leur difficulté d’accès à la terre, l’absence de formation et de matériel agricole, le manque de semences et d’argent pour financer l’activité agricole...

Selon, la Directrice exécutive de l’Ong ‘Femmes Africa Solidarité’ (Fas) Bineta Diop, après avoir accédé à la terre, les femmes doivent se former en coopérative pour assurer la durabilité et le succès des réformes foncières. Mme Diop de rappeler que ‘depuis les indépendances, on attend toujours que des réformes foncières voient le jour en Afrique. Ce qui n’est pas le cas’. C’est pour cela qu’elle croit qu’’il faut que les femmes rurales, au premier plan, se mobilisent pour inverser la tendance’. Argument à l’appui, la directrice de l’Ong Fas soutient que le faible accès des femmes à la terre bloque le développement durable.

Bineta Diop s’exprimait au cours d’un point de presse, en prélude à la 6e conférence de Fas, qui s’est ouverte hier mardi à Dakar sous le thème ‘Les crises alimentaire, énergétique et financière en Afrique : les femmes en première ligne’. Ses propos sont rapportés par l’Agence de Presse Africaine (Apa) qui rend compte des activités de l’Ong à l’occasion de ses 15 ans d’existence.

Walfadjri, le 14 décembre 2011, par Abdoulaye SIDY

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