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Au moment où les candidats à l’élection présidentielle commencent à dévoiler leur programme, les paysans sénégalais aussi se préparent activement. C’est ainsi que le Conseil national de concertation des ruraux (Cncr) a initié de larges concertations auprès de ses membres, pour faire connaître aux candidats les priorités et les préoccupations du monde paysan pour les cinq années à venir. La révélation a été faite avant-hier par Ousmane Ndiaye, Directeur national de l’agence d’exécution des programmes de l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base (Asprodeb).
M. Ndiaye intervenait en marge du séminaire organisé par le Projet croissance économique (Pce) de l’Usaid et Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) sur le renforcement des capacités des journalistes sur la Loi d’orientation agro-sylvo pastorale (Loasp) et les orientations du secteur agricole sénégalais, qui se tenait à Saly du 20 au 22 décembre. « C’est à l’issue de ces concertations qui vont partir de la communauté rurale au niveau central, que le Cncr va faire connaître ses priorités et ses préoccupations. Et avec quelle manière on doit les résoudre », a expliqué Ousmane Ndiaye. Mais d’ores et déjà, l’annonce par quelques-uns des candidats de la part qu’ils comptent donner à l’agriculture ne semble pas convaincre outre mesure les ruraux.
En effet, Ousmane Ndiaye estime « généreuses » ces intentions, mais met un bémol. « Par ma petite expérience, je crois qu’il y a eu toujours des investissements en milieu rural. Plusieurs milliards ont été dépensés. Et aussi bien les gouvernements, les partenaires que les paysans se plaignent que la situation n’avance pas aussi vite qu’on le souhaite. Le problème, ce n’est pas le montant mais comment on va faire ensemble, comment on met en œuvre et quelles priorités on définit, comment on les réalise et comment on les suit pour que cela ait un impact durable. »
Après presque dix ans de bras de fer avec le pouvoir libéral en place, le Cncr n’entend pas laisser de la marge aux prochains Présidents. Ousmane Ndiaye estime d’ailleurs que cet épisode tient plus de l’incompréhension que de la brouille. En effet, tout est parti de la participation de l’organisation paysanne aux Assises nationales. Une participation très légitime, souligne le leader paysan qui explique que « le Cncr n’est pas un mouvement politique, c’est un mouvement social ancré dans la société civile sénégalaise. Les Assises nationales ont été organisées par la société civile sénégalaise pour réfléchir sur le budget de l’agriculture et le devenir de la société sénégalaise. C’est uniquement à ce titre que le Cncr y est allé pour dire ce que les ruraux pensent et espèrent ». Mais le prix payé a été très lourd. Et Ousmane Ndiaye se félicite que son organisation ait survécu. « Cela fait dix ans qu’on essaie de nous tuer et ça fait dix ans qu’on vit », dit-il.
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