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Kaolack, 18 jan (APS) - Le président du Cadre de concertation des producteurs d’arachide (CCPA), El hadji Ibrahima Niasse, a invité, mercredi à Kaolack (centre), les décideurs politiques à revoir à la hausse les quatre pour cent représentant la part réservée à l’agriculture dans le budget national.
‘’Il est urgent de corriger le déséquilibre, l’injustice consistant à réserver une enveloppe de 91 milliards sur un budget national qui avoisine 2 300 milliards, soit pour cent seulement pour essayer de répondre aux besoins des 70 pour cent de la population’’, a dit M. Niasse lors de l’assemblée générale annuelle du CCPA.
Pour lui, ‘’le Sénégal doit respecter l’engagement pris à Maputo en 2003 par les Etats de mettre au moins 10 pour cent de leur budget dans l’agriculture qui subit actuellement les retombées négatives du changement climatique provoqué par les Européens à travers les émissions de gaz à effet de serre’’.
Les agriculteurs font aujourd’hui face à un mauvais hivernage et l’on pouvait éviter de telles situations si les gouvernants avaient installé un peu partout des forages agricoles pour parer à pareils aléas, a estimé M. Niasse.
Les ‘’paysans, dit-il, ne savent pas actuellement où donner de la tête’’.
A et égard, le président du CCPA a appelé tous les candidats à l’élection présidentielle de février prochain à prendre des engagements devant les producteurs, pour assurer qu’ils injecteront suffisamment de ressources financières dans le secteur de l’agriculture.
‘’Nous devons aujourd’hui aller au-delà des subventions de semences, d’engrais, etc. et appliquer une bonne politique agricole qui met fin au crédit de campagne et permet au monde rural de souffler, de mieux s’épanouir’’, a-t-il affirmé.
‘’La faiblesse de la part réservée à l’agriculture dans le budget national est effective, vos revendications sont légitimes et nous allons les transmettre aux autorités de l’Etat qui apprécieront’’, a pour sa part souligné la secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Maïmouna Lo Guèye.
Pour faire face aux changements climatiques qui perturbent l’hivernage et peuvent avoir des effets négatifs sur la sécurité alimentaire recherchée avec des greniers qui se vident plus vite que prévu, Mme Guèye souligne que l’Etat a défini une politique de maîtrise de l’eau pour la relance de l’agriculture.
Un projet de goutte-à-goutte financé par des partenaires italiens et israéliens à hauteur de 30 millions d’euros sera bientôt lancé avec un important volet horticole pour aider les paysans des régions centre (Diourbel, Louga, Kaolack, Kaffrine, Fatick et Thiès) à pouvoir cultiver pendant la saison sèche, a indiqué Mme Guèye.
Le développement de l’horticulture est d’autant plus important que le Sénégal qui a réussi l’année dernière à exporter 52 000 tonnes de fruits et légumes, projette d’en vendre 75 000 tonnes en 2015, a souligné la secrétaire générale du ministère de l’agriculture.
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