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Ecogame (Dakar) - Les ruraux invitent les candidats à l’élection présidentielle de 2012 à prendre en compte la question des autorisations de pêche attribuées aux étrangers.
Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) demeure préoccupé par les autorisations de pêche du ministère sénégalais de
Baba Ngom, secrétaire général du Cncr
l’Economie maritime accordées aux bateaux étrangers. Prenant très au sérieux cette question, il l’a inscrit en priorité au forum national sur "Les enjeux du développement agricole et rural" qu’il a organisé lundi à Dakar en collaboration avec l’Ipar (Initiative, prospective agricole et rural) et le Congad (Conseil des organisations non gouvernementale d’appui au développement) en direction des différents candidats à l’élection présidentielle de 2012.
"Plus de 30 navires étrangers russes profitent des autorisations considérées comme illégales signées par le ministre de l’Economie maritime pour pêcher dans nos eaux près de 10 000 tonnes de pélagiques par bateau et par mois, soit une valeur de 4 milliards francs Cfa", a dénoncé son secrétaire général, Baba Ngom, sans oublier de souligner les conséquences relatives notamment à la rareté des ressources qui en résultent.
Pour M. Ngom, ces autorisations gouvernementales sont faites en violation avec la législation nationale.
"Ceci est tout à fait contraire à la législation sénégalaise qui prévoit trois cas pour qu’un bateau puisse pêcher dans les eaux sénégalaises", a-t-il rappelé.
Et M. Ngom de citer les critères relatifs à la nationalité sénégalaise, à l’origine d’un pays du bateau qui a signé des accords de pêche avec le Sénégal et au contrat d’affrètement (location) avec une industrie sénégalaise à laquelle le navire livre ses prises.
"Aucun des bateaux autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises par le ministre de l’Economie maritime ne rencontre l’une ou l’autre de ces conditions", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du Cncr de poursuivre : "En conséquence, les accords sont illicites et ont été conclus dans la plus grande opacité et sans aucune concertation avec les acteurs de la pêche".
Baba Ngom ne s’est pas limité à dénoncer les autorisations de pêches. Il a, en outre, mis le doigt sur certaines pratiques (dynamitage et usage de mono-filament) de pêche utilisées par les pêcheurs artisanaux et les plongeurs qui contribuent à la raréfaction de la ressource.
Ce n’est pas tout. D’autres difficultés du secteur ont été relevées par M. Ngom. Il s’agit de la cherté du carburant, du manque d’organisation des acteurs et de l’insuffisance des infrastructures de conservation des produits de la pêche.
Autant de questions sur lesquelles le Cncr voudrait faire réagir les candidats à la présidentielle ou à leurs représentants.
Malheureusement, ces derniers ont fait la politique de la chaise vide.
Mais l’heure n’est pas au découragement. Les organisateurs du forum national gardent toujours l’espoir de les voir demain mardi, deuxième jour et fin de la rencontre des ruraux.
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