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Toutes les organisations paysannes ont interpellé les candidats à la présidentielle pour qu’ils prêtent plus d’attention au monde rural.Conscients de la force de l’agriculture pour le développement du pays, le Cncr, Congad et Ipar ont saisi la période de la campagne électorale pour tenir un atelier de deux jours sur les enjeux du développement agricole et rural, et les propositions des organisations paysannes sur la réforme foncière.
Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), le Congad et Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) ont, ensemble, interpellé les candidats à l’élection présidentielle du 26 février prochain sur les enjeux de l’agriculture. Même si la présence des candidats n’était pas notée, hier, ce mardi est encore une occasion pour eux de venir prendre part au dialogue entre les différentes composantes de la société. Par la confrontation des idées et des programmes, ce conclave devra permettre aux citoyens de mieux percevoir la place et le rôle de l’agriculture et du monde rural dans l’essor économique et social du Sénégal. Le débat inclut aussi le problème du foncier dont la réforme tarde toujours.
Selon Mor Talla Kane du Congad, cette initiative a été prise de manière inclusive pour faire la jonction entre les organisations paysannes, la société civile et les institutions de recherche. Ce, pour construire de manière commune leur position sur les enjeux du développement agricole et rural. Elles espèrent, par cet atelier, influer les candidats pour qu’ils puissent mettre l’agriculture au cœur de leur politique de développement.
Pour le Cncr, ce forum permettra d’écouter et d’entendre les plus mal servis qui sont les paysans. La rencontre permettra aussi de discuter sur le présent et l’avenir de l’agriculture et des terres. L’Etat, via ses politiques comme le plan Reva, a dépossédé les paysans de leurs terres. Celles-ci attirent en plus les capitalistes qui exploitent les terres pour l’exportation. Conséquence, les paysans perdent l’exploitation familiale et deviennent des ouvriers exposés à l’exode. C’est pourquoi, le président du Cncr interpelle les autorités publiques et les candidats à l’élection présidentielle sur l’urgence de la réforme foncière qui était prévue en 2006 mais qui tarde encore à se concrétiser. Le président du Cncr prône la valorisation de la terre et le soutien des paysans en matériel agricole et intrants.Le représentant de Ipar, quant à lui, voit en la ruralité l’avenir du Sénégal.
Le Centre de recherche pour le développement international (Crdi) pense qu’aucune société ne peut prétendre au développement si elle est incapable d’apporter les solutions idoines à son agriculture. C’est pourquoi, dit son représentant à cette rencontre, une agriculture dynamique et entreprenante est nécessaire pour le pays.
Un vibrant appel aux candidats pour plus de collaboration avec le monde rural a été aussi lancé par le Crdi.Selon ces organisations, les ruraux représentent plus de la moitié des Sénégalais et doivent faire valoir leurs préoccupations. Ils ont besoin, disent-elles, de l’amélioration de leurs conditions de vie et d’être soutenus dans leur principale activité.
Le Cncr, qui a fait un état des lieux des différents secteurs de l’agriculture, a décelé des problèmes presque partout. L’accaparement des terres les taraude, les pêcheurs sont confrontés à la cherté du carburant et s’endettent pour travailler, les zones pastorales et les ressources fourragères sont réduites, et les paysans vivent la difficulté d’accès aux intrants et matériel agricole. A cela, s’ajoute la loi agro-silvo-pastorale qui est la dernière tentative de réforme ratée. Des solutions sont aussi élaborées à cet effet par les organisations paysannes.
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