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FONCIER : les autorités invitées à surseoir toute nouvelle transaction Enregistrer au format PDF Envoyer

Article paru dans le magazine économique Web Écofinance, le 14 février 2012, sur le Forum national sur le développement agricole et rurale et les propositions paysannes sur le foncier.

Ecogame (Dakar) - Les ruraux demandent aux pouvoirs publics sénégalais d’arrêter momentanément toute nouvelle transaction foncière à grande échelle dans leur terroir. Ils revendiquent plutôt une réforme.

Le monde rural en a assez des transactions foncières à grande échelle pratiquées par les pouvoirs publics sénégalais. En concertation mardi à Dakar sur cette problématique de longue durée, leurs représentants demandent au gouvernements et aux collectivités locales de mettre fin provisoirement cette pratique.

"Le gouvernement et les collectivités locales doivent surseoir à toute nouvelle transaction foncière à grande échelle en milieu rural", a déclaré le directeur exécutif de l’Ipar (Initiative prospective agricole et rurale), Cheikh Oumar Bâ, au cours d’un forum national consacré à ce sujet.

"En attendant l’adoption d’une nouvelle réforme foncière consensuelle, l’Ipar recommande aux pouvoirs publics de prendre immédiatement une série de mesure conservatoires destinées, non seulement à créer les conditions d’une gestion foncière transparente et apaisée, mais aussi à créer les conditions pour une réforme foncière inclusive et qui assure l’équité, la rentabilité et la durabilité", a-t-il exigé.

Pour l’essentiel, il a décliné ces mesures conservatoires en trois points. En premier lieu, l’Ipar demande l’arrêt immédiat des transactions foncières dépassant 100 hectares, en attendant l’adoption d’une réforme foncière consensuelle.

Deuxièmement, il invite les pouvoirs publics de procéder à l’évaluation des affectations de terres qui ont été réalisées entre 1997 et 2011, en vue de cerner le profil des bénéficiaires, d’analyser les modalités de leur accès à la terre, d’établir une typologie des projets d’investissement et d’évaluer les premiers effets/impacts sur le plan économique, social et environnemental. Enfin, l’Ipar appelle à l’organisation d’une vaste concertation nationale sur le foncier pour partager les enjeux et définir les modalités de la réforme foncière qui tarde à voir le jour.

Pour sa part, Abdoulaye Dièye, enseignant à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a mis l’accent sur la nécessité de la réforme foncière pour mettre en adéquation le système foncier sénégalais avec les nouvelles orientations en matière de développement économique et social.

"Il est devenu urgent d’adapter le système foncier aux nécessités du développement agricole que sont la sécurité de l’investissement rural et du crédit en ne perdant pas de vue l’exigence de protection des exploitations familiales", a-t-il déclaré.

"Il est urgent de lever les incertitudes et les anachronismes liés au régime d’occupation et d’exploitation des terres", a-t-il ajouté.

Personne ressource de l’Ipar, ce juriste est revenu sur le contexte qui est marqué par le changement des méthodes cultures pour faire constater le caractère dépassé des critères d’accès de 1964, date marquant la décision de l’Etat de se désengager et de promouvoir le secteur privé.

A propos de la réforme foncière, le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) a formulé beaucoup de propositions allant dans ce sens. Celles-ci concernent les terres affectées et non affectées du domaine national ainsi que les outils de la gestion foncière et des ressources naturelles.

Concrètement, les propositions relatives aux terres affectées portent notamment sur la reconnaissance du droit foncier réel qui est différent du titre foncier à tous les titulaires actuels d’un droit d’usage qui garantit une sécurité.

Pour les terres non affectées, les ruraux proposent, entre autres, l’élaboration d’une législation portant de façon spécifique sur le foncier pastoral.

Par rapport aux outils de la gestion foncière et des ressources naturelles, ils préconisent la mise en place des plans d’occupation et d’affectation des sols et la mise en place d’un cadastre dans les communautés rurales notamment. Toutes ces propositions ont pour finalité la reconnaissance aux exploitations familiales des droits fonciers réels par les pouvoirs publics qui seront issus de l’élection présidentielle de 2012.

Les représentants des différents candidats de cette compétition nationale au forum ont été d’ailleurs interpellés sur la question foncière par les ruraux. Ils se sont tous engagés à faire de leur mieux pour y apporter une réponse adéquate parce que considérée comme étant une priorité.

Écofinance, magazine économique, Mardi, 14 Février 2012, par Ndakhté M. GAYE

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