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Réforme foncière, financement de l’agriculture, transformations des produits agricoles, érection d’un ministère du Développement rural… Les candidats à l’élection présidentielle, qui ont participé au forum d’échanges sur les défis et enjeux de l’agriculture, hier, sont tous unanimes sur la nécessité de doper le monde rural pour que l’agriculture puisse nourrir le pays, générer des emplois et avoir la place qui lui revient dans l’économie nationale.
Employant plus de 60 % de la population sénégalaise, le monde rural voulait être édifié sur les intentions des différents candidats à l’élection présidentielle. Et lors du forum d’échanges, organisé hier et avant-hier à Dakar par le Cncr, Ipar et le Congad, 9 représentants de candidats ont soumis des propositions jugées intéressantes par les organisateurs.
Globalement, tous sont d’accord sur l’importance de la population rurale dans le pays et que tout développement économique futur du Sénégal ne peut être basé que sur les activités agro sylvo-pastorales et halieutiques. En effet, les projets, de ces coalitions qui briguent les suffrages des Sénégalais, semblent pour la plupart rejoindre ceux déjà émis par les paysans. Elles concernent, pour l’essentiel, la réforme foncière, l’appui en matériel d’équipement et en intrants, l’amélioration des pistes de production ou encore la mise en place d’unités de transformation des produits agricoles.
Ainsi, le représentant du candidat de la coalition ‘Macky2012’, Arona Coumba Ndoffène Diouf, annonce que son candidat compte réformer le foncier rural, avec des statuts juridiques à chaque exploitation familiale, encadrer et éduquer le monde rural en application des recommandations des états généraux, intégrer les langues nationales et ériger un véritable ministère de l’agriculture qui sera un conglomérat comme celui du Développement rural, de l’époque. Mieux, il envisage de créer deux fonds. Le premier, dit-il, sera un fonds de garantie et d’investissement prioritaire tandis que le second sera destiné à l’investissement stratégique. ‘Nous essayerons d’enrichir le monde rural, en créant des fonds qui ne seront pas nécessairement tirés des taxes mais qui seraient le produit de la diminution du train de vie de l’Etat avec une réduction du nombre de ministères à 25’, souligne Diouf. Qui annonce que cette économie de 10 % générera 120 milliards auxquels vont s’ajouter 25 milliards pour le fonds de garantie et d’investissement prioritaire.
Xavier Diatta, qui représentait Cheikh Bamba Dièye, annonce que son candidat va privilégier la concertation sur la question foncière pour arriver à des solutions de consensus et d’équité. Il promet, en outre, d’auditer le foncier en milieu rural et urbain et de mettre en place un cadastre rural.
Le candidat Moustapha Niasse, dont les engagements ont été portés par Magatte Thiam du Pit, veut agir à très court terme. Il envisage de lever les contraintes sur le foncier, le crédit et la commercialisation dès les premiers mois de son magistère. Le candidat de la coalition Benno Siggil Senegaal, souhaite également intégrer l’industrie et l’artisanat à l’agriculture et prône une gestion concertée pour les ressources naturelles et l’eau, avec l’implication de la recherche scientifique. Et comme à l’époque socialiste, il est sensible à la création d’un grand ministère du développement rural.
Quant à Ousmane Tanor Dieng, représenté par Abdou Khadre Cissokho, il annonce un état des lieux et la sécurisation de la terre afin de corriger les dérapages et repartir sur de nouvelles bases. Le candidat de la collation Benno ak Tanor promet aussi de reprendre les filières avec des comités interprofessionnels et de multiplier les petites et moyennes entreprises pour la commercialisation. Il envisage aussi une intégration de l’agriculture et de l’élevage pour avoir plus de cohérence.
Satisfaites de ces engagements et de la place et l’importance que les candidats accordent au monde rural dans leurs programmes respectifs, les organisations paysannes attendent de voir. Mais Mor Talla Kane du Congad souligne qu’il faudra une politique agricole beaucoup plus soutenue et cohérente pour réussir ce pari. Laquelle devrait, selon lui, mettre l’exploitant agricole au cœur du développement agricole.
Mamadou Cissokho, président d’honneur du Cncr, lui, annonce que les paysans ne laisseront plus au gouvernement décider seul de la réforme foncière. ‘Nous voulons que toute réforme foncière soit assujettie à un référendum. Parce que, c’est trop important pour le laisser entre les mains d’un président de la République tout seul’, dit-il.
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