|
Des engagements pour un avenir meilleur du monde rural, c’est l’invite adressée aux candidats de l’élection présidentielle de 2012. Les représentants de 9 coalitions se prêtés à l’exercice dans le cadre d’un dialogue très constructif en l’absence de la coalition au pouvoir. Des frustrations ont été également enregistrées car certains secteurs ont été « oubliés ».
La transparence et concertation ont été au centre des préoccupations des participants du forum national sur le monde rural. Si quelques idées majeures ont perlé dans les discussions, rien de neuf n’a été enregistré à l’horizon parce que comme le dira un participant, « tout a été dit, tout est consigné dans les archives. Au Sénégal, on connaît tous les maux du monde rural, il s’agit juste de mettre en avant une volonté politique et des ajustements pour résoudre les problèmes. » La conviction s’est faite lors de cette rencontre de deux jours autour de la nécessité d’une réforme en profondeur du monde rural pour développer le Sénégal en donnant respect et dignité à la paysannerie. Cet engagement a été pris par les représentants des 9 coalitions qui ont pris part lors de la journée du mardi 14 février, deuxième journée du forum national sur le monde rural organisé par le CNCR, le CONGAD et l’IPAR. Le cadre d’échanges a été l’occasion de s’accorder sur l’importance du monde rural pour lui donner les moyens de son développement.
« En 2010 le Produit Intérieur Brut du Sénégal est constitué à 16 % de la production agricole, 22% de la production industrielle et 62% de la production de services. 54% de la population Sénégalaise vit également en dessous du seuil de pauvreté, alors que le phénomène de l’exode rural s’intensifie, notamment en direction de la Presqu’île du Cap Vert. Il n’empêche que la population rurale constitue encore 55% de la population totale révèle le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI). Avec près de 4% du budget national représentant 91 milliards, l’Agriculture sénégalaises ne reçoit pas la part attendue des autorités pour être un catalyseur du développement. Pourtant informent les organisateurs du forum, le Sénégal au vu des engagements de Maputo doit octroyer au moins 10% de son budget à l’Agriculture. Il s’agira donc de revisiter les politiques agricoles en partant d’un constat : le manque de vision des autorités de l’Alternance. Malgré le lancement de programmes tels que la GOANA, le plan REVA et les programmes spéciaux, le monde rural continue encore de souffrir car aucun de ses programmes n’a été suffisamment soutenu et évalués pour apprécier son impact réel sur les populations rurales. Si les programmes présentés par les représentants des candidats n’ont pas été innovants, ils ont particulièrement mis l’accent sur le suivi-évaluation. Rien donc qu’une relecture des fondamentaux d’une bonne politique de l’Agriculture. Une volonté de rupture pour redonner espoir aux populations rurales. Les axes prioritaires décelés dans les différents programmes qui ont été présentés sont les suivants. Foncier rural : L’application de la loi agro- sylvo pastorale(LOASP) dans son intégralité est une revendication première du monde rural. La question est brûlante et les pires meurtrissures que connaissent les paysans proviennent en effet de l’octroi de terres à des agro-businessmans. Mais il y a également la boulimie foncière des autorités au pouvoir. Les cas de Fanaye, Mbambilor, Keur Massar illustrent à souhait la mal gouvernance foncière. Certains représentants de coalitions ont pris l’engagement d’engager la réforme foncière et de faire appliquer la LOASP. Arona Coumba Ndoffène Diouf, de la coalition Yoonu Yookute de Maky Sall annonce que son candidat compte réformer le foncier rural, avec des statuts juridiques à chaque exploitation familiale, encadrer et éduquer le monde rural en application des recommandations des états généraux. L’ancien ministre du développement rural Abdou Khadre Cissokho, a fait part de la volonté de son candidat Ousmane Tanor Dieng de faire un état des lieux et de sécuriser la terre afin de corriger les dérapages et repartir sur de nouvelles bases. Pour sa part, Xavier Diatta, représentant de Cheikh Bamba Dièye, a révélé qu’ils vont privilégier la concertation sur la question foncière pour arriver à des solutions de consensus et d’équité. L’audit du foncier en milieu rural et urbain et la mise en place d’un cadastre rural. Le professeur Magatte Thiam au nom de la coalition Benno Siggil Sénégaal de Moustapha Niass s’engage à agir à très court terme. Ainsi la levée des contraintes sur le foncier fait partie du programme adossé sur les Assises Nationales.
Développement de l’Agriculture : les représentants des candidats ont accepté de se prononcer sur des engagements. Mabousso Thiam de la coalition taxaw Tem du candidat Ibrahima Fall et Maguette Thiam de benno Siggil Senegaal ont donné le ton en mettant l’accent sur l’amélioration des liens entre l’Industrie, l’Artisanat et l’Agriculture, mais aussi le rôle central que la recherche aura à jouer. Ainsi des mesures incitatives d’accompagnement pour le développement de l’entrepreneuriat agricole avec des motivations d’un retour à la terre pour la jeunesse sont attendues. Le financement du monde rural est au centre de cette politique. Le professeur Arona Ndoffène a émis l’idée de créer deux fonds. Il s’agit d’un fonds de garantie et d’investissement prioritaire tandis que l’autre sera destiné à l’investissement stratégique. L’alimentation de ses fonds viendra du produit de la diminution du train de vie de l’Etat avec une réduction du nombre de ministères à 25 selon lui. C’est une économie de 10 % qui générera 120 milliards de frs auxquels vont s’ajouter 25 milliards pour le fonds de garantie et d’investissement prioritaire. Le candidat de la collation Benno ak Tanor pour sa part a promis aussi de reprendre les filières avec des comités interprofessionnels et de multiplier les petites et moyennes entreprises pour la commercialisation. L’Elevage et l’Agriculture devront aussi être intégrés. Une vision socialiste qui renvoie à la mise en place d’un grand ministère du développement rural, une idée qui innerve les différents programmes proposés lors de ce forum. Le candidat de la collation Benno ak Tanor promet aussi de reprendre les filières avec des comités interprofessionnels et de multiplier les petites et moyennes entreprises pour la commercialisation. L’aménagement de l’espace villageois (intégration de tous les projets de l’Etat : routes, pistes de production, forages, santé, prise en charge des infrastructures) et la gratuité du Titre foncier. Aménagement de l’espace villageois (intégration de tous les projets de l’Etat : routes, pistes de production, forages, santé, prise en charge des infrastructures, financement globaux, rétrocession différé de 10 ans bail emphytéotique de 30 ans). Titre foncier gratuit. Du coté de luy jot jotna de Cheikh Tidiane Gadio, on met l’accent sur les agropoles qui sont un ensemble de chaînes de valeurs : hôpitaux, infrastructures, réparateur de tracteurs.
Les oubliés du forum
Le forum n’a cependant pas répondu à l’attente de secteurs aussi importants que l’Elevage, l’horticulture, voire l’apiculture. La présidente du Directoire national des femmes en élevage (DIRFEL), Oumou Khaïry Diallo s’est déçue de l’attitude des représentants des candidats qui ont survolé les problèmes de l’Elevage. Je suis restée sur ma faim. Aucun des représentants des candidats n’a parlé des problèmes de l’élevage. Pourtant souligne-t-elle, l’élevage est l’une des principales activités des populations rurales, en tant que sources d’aliments et de revenus monétaires. L’élevage occupe la deuxième place dans l’économie sénégalaise (sic). Concernant les attentes de ce secteur, il s’agit d’instaurer un véritable dialogue avec les acteurs. Prenant pour exemple, le programme d’insémination artificielle, Oumou Khaïry Diallo invite les politiques à revoir la démarche en consolidant d’abord l’existant. Par ailleurs, les outils pour la transformation du lait ne sont pas adaptés au besoin des éleveurs a-t-elle indiqué. L’apiculture et l’horticulture n’ont pas eu voix au chapitre. Ses deux volets qui sont confrontés à des problèmes de financement auraient mérité un examen approfondi de leurs situations.
|