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Le Sénégal, à l’instar des autres pays du monde, a célébré, hier, la Journée internationale de la femme. Présentes massivement à l’ouverture de la cérémonie officielle présidée par le ministre de la Famille, Aïda Mbodj, les femmes ont demandé plus de terres, des intrants et des moyens pour faire face à la pauvreté en milieu rural.
Au Sénégal, les femmes effectuent 80% des travaux agricoles surtout pour ce qui concerne les cultures vivrières. A ce titre, elles jouent un rôle important dans l’économie nationale, car assurant une grande partie de la production agroalimentaire.
Malheureusement, elles ont un accès limité au foncier et aux moyens de production. Pour toutes ces raisons, elles demandent aux autorités plus de terres. Elles ont posé cette doléance hier à Dakar à l’occasion de la Journée internationale de la femme dont le thème a porté sur « autonomiser les femmes rurales : éradiquer la faim et la pauvreté ».
Un thème pertinent parce qu’en milieu rural, selon la présidente du Réseau national des femmes rurales et développement du Sénégal, Mme Adja Tine Ndoye, seul l’homme a le pouvoir d’obtenir un crédit de campagne et d’accéder aux intrants comme les semences, les engrais, le matériel agricole, entre autres. « C’est encore l’homme le chef de famille qui gère la terre, principale source de revenus en milieu rural. Il est par conséquent celui qui détient le pouvoir de décision dans la famille et dans les structures institutionnelles de la communauté », a signifié Mme Ndoye.
Pour la présidente du Réseau national des femmes rurales, cette discrimination, renforcée par l’absence de droits de sécurité concernant la terre, est le principal facteur de pauvreté chez les femmes du monde rural qui peinent à se retrouver dans la comptabilité nationale puisqu’elles ne sont pas reconnues comme agricultrices.
Contraintes liées à l’accès aux facteurs de production
Le ministre d’Etat, ministre de la Famille, des Organisations féminines et de l’Enfance, Mme Aïda Mbodj qui a présidé les travaux de cette journée, a indiqué que les femmes rurales constituent près de 60% de la force de production agricole parce que produisant 80% des denrées alimentaires. Elles jouent, selon Mme le ministre, un rôle majeur dans le développement économique mais aussi dans la stabilité des zones rurales », a soutenu Mme Aïda Mbodj, qui a reconnu que les femmes du monde rural continuent à souffrir des contraintes liées à un faible accès aux facteurs de production tels que l’accès aux bonnes terres, à des semences de qualité, aux équipements de conservation et programmes de formation en techniques de production et de commercialisation.
60% de la force de production en milieu rural
Pour faire face aux discriminations dont les femmes sont victimes, Mme Aïda Mbodj a plaidé pour la promotion des droits de la femme, mais également pour la levée des manquements dans les politiques agricoles, afin de formuler les réponses adéquates pouvant améliorer les conditions de vie des femmes rurales. Elle a cependant rappelé les efforts réalisés par l’Etat.
Pour la directrice régionale de l’Onu-femme, Joséphine Odera, cette journée dédiée aux femmes rurales est une opportunité pour reconnaître la bataille qu’elles mènent sur plusieurs fronts. Il s’agit, d’une part, de faire valoir leurs droits et, d’autre part, de contribuer à la survie des familles et au développement socio-économique de leur communauté. Si les processus de la planification et de la budgétisation sont bien menés, dit-elle, cela permettra de faire face au spectre de la faim et de la pauvreté. « Donc, cette journée nous interpelle tous, pour nous amener à revoir nos façons d’agir afin de donner à la femme rurale tous les moyens nécessaires pour son épanouissement, son autonomisation et la place qu’elle mérite dans le développement social et économique », a dit Joséphine Odera.
Le représentant de l’ambassadeur d’Espagne a indiqué que son pays est engagé aux côtés du gouvernement sénégalais pour sortir les femmes du monde rural de la pauvreté à travers des projets de développement. Deux panels ont rythmé cette journée. Le premier sur « itinéraire de pauvreté de la femme rurale : typologies et contraintes socio-politiques », a été présenté par Marame Lèye Lo, chargée du genre et du Vih/Sida au Pnud.
Le deuxième sur « Femme rurale et politique agricoles : avancées, défis récurrents et opportunités », a été présenté par Dr Rokhaya Cissé, chercheure associée au laboratoire sur les transformations économiques et sociales de l’Ifan.
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