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Tambacounda, 17 mai (APS) - Le Secrétaire général (sic) du Conseil national de concertation des ruraux (CNCR), Boubacar Cissé, s’est fait l’écho, jeudi du "cri d’alarme retentissant" des paysans confrontés à la raréfaction des vivres dans les régions de Kédougou (sud-est) et Tambacounda (est), où il venait de boucler une tournée.
‘’Au niveau de la région de Tambacounda et Kédougou, le cri d’alarme est retentissant, en ce sens que les producteurs, depuis quelques mois, prélèvent de leurs poches et de leur bétail, pour nourrir la famille’’, a-t- dit, lors d’un point de presse à Tambacounda.
‘’Les zones sensiblement touchées par la situation alimentaire sont le nord de Koumpentoum, Missirah, le nord de Koussanar’’, dans la région de Tambacounda, a souligné M. Cissé, qui était accompagné de membres de la Fédération des organisations non gouvernementales du Sénégal (FONGS).
‘’Il n’y a pas assez de graines dans les greniers, les revenus ont chuté d’une manière drastique du fait qu’il n’y a pas de bonnes récoltes d’arachides pour avoir des revenus substantiels. L’un dans l’autre, le monde rural est aux abois (…), le monde agricole et rural est désemparé’’, a alerté le secrétaire général du CNCR.
La soudure n’épargne pas le bétail, a noté M. Cissé, ajoutant que les nombreux migrants partis de Tambacounda et Kédougou, pour Espagne et l’Italie, traversent actuellement des difficultés financières en raison de la crise économique, et ‘’n’envoient plus quelque chose de consistant à leur famille comme par le passé’’.
Il a fait part, à ce propos, du souhait du monde rural de voir toutes les formes d’assistance se réaliser ‘’dans les meilleurs délais’’, se réjouissant toutefois de ce que ‘’l’Etat est dans les meilleures dispositions pour venir au secours des familles démunies’’. ‘’C’est à saluer et à encourager’’, a dit le responsable paysan.
La décision de l’Etat de dégager 34,5 milliards de francs CFA, dans le but de subventionner les intrants agricoles (semences engrais, petits matériels et produits phytosanitaires) a été bien accueillie par le CNCR, qui encourage les autorités à ‘’faire un peu plus’’ dans les années à venir.
Le Secrétaire général du CNCR, a évoqué, à l’intention des chefs d’Etat d’Afrique, l’accord de Maputo d’il y a quelques années, par lequel ils s’étaient engagés à ce que ‘’10% au moins des budgets nationaux soient prélevés et investis pour soutenir l’agriculture’’.
L’agriculture étant un ‘’levier essentiel dans le développement économique et social’’ des pays africains, ‘’les dispositions doivent être prises pour atteindre rapidement la sécurité et la souveraineté alimentaires’’, soutient le CNCR. ‘’Il est tout à fait opportun et naturel qu’on mette davantage d’argent dans l’agriculture au sens large du terme’’, note-t-il.
‘’L’Etat va subventionner l’arachide comme ce fut le cas l’année dernière’’ et le paysans aura à débourser 100F le kilogramme de coque et 280F pour les graines décortiquées, a annoncé Boubacar Cissé qui a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’une distribution, mais d’une vente.
Le CNCR a, par ailleurs, conseillé à ses mandants que sont les organisations de producteurs de redoubler d’efforts dans la production de cultures vivrières en quantité, afin de subvenir aux besoins familiaux, en renflouant les greniers et les magasins de vivres.
Son Secrétaire général a soutenu le développement, par les structures paysannes, de stratégies pour la sécurité alimentaire.
Il a aussi apprécié l’opportunité offerte à ses organisations membres, longtemps ‘’marginalisées’’ ou ‘’écartées’’ des commissions de distribution des intrants, de ‘’regagner les rangs’’ lors de la campagne agricole qui s’annonce. ‘’Elles vont assumer toutes leurs responsabilités pour permettre que ces opérations se déroulent dans la transparence’’, a-t-il assuré.
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