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En ce mois de juin, l’oignon est visible partout à Bokhol. La zone est très propice à la culture de l’oignon, de la tomate, du riz et de la patate. Avec des exploitations aux dimensions très dérisoire au début, Bokhol se retrouve aujourd’hui avec une surface exploitée est estimée à près de 3165 hectares. Selon Tamsir Diallo, le vice-président des producteurs d’oignon de la localité, « le rendement s’èléve de 40 à 50 tonnes par hectare » avec un chiffre d’affaires de 4 à 5 milliards de F CFA par an.
Le produit cultivé à Bokhol jouit d’une bonne réputation chez les acheteurs. Anta Thioune, une "bana-bana" (commerçante) venue de Rufisque atteste de la qualité de l’oignon. « On aurait pu aller ailleurs dans le Fouta. Mais ce qu’on préfère ici, c’est la qualité. Et une fois à Dakar, on n’aura pas de mal à écouler l’oignon de Bokhol », explique-t-elle. Les prix sont aussi abordables. En effet, on peut obtenir le sac de 50 kg à 4000 ou 4500 F CFA.
Malgré la réputation de son oignon, Bokhol soufre d’un manque criard d’infrastructures de stockage et de transformation de produits agricoles. La Société de conserves alimentaires du Sénégal (SOCAS) est la seule entreprise sur qui les producteurs agricoles peuvent compter pour écouluer leurs productions.
Or, elle détermine avant chaque campagne agricole la quantité de produits qu’elle souhaite acheter. Ainsi une partie de la production est bazardée, si elle n’est pas simplement abandonnée dans les champs. La situation est exacerbée par la concurrence de l’oignon importé au moment où la production locale arrive sur le marché. Le vice-président des producteurs, Tamsir Diallo, révèle que 6000 tonnes d’oignons importées se trouvent actuellement dans les entrepôts du port de Dakar. « Ce serait la catastrophe pour la filière locale si cette quantité venait à inonder le marché », s’inquiète M. Diallo.
Les femmes constituent un maillon important de la chaîne de production. Elles sont très présentes dans la "filière patate", produit qu’elles vendent dans les marchés hebdomadaires. « L’eau coûte excessivement cher. En plus, on n’en a pas en quantité suffisante. Pour l’obtenir, nous sommes obligées de nous battre avec les hommes », explique Marième Kane du village de Gaya, à quelques kilomètres de Bokhol. Dans la plupart des cas, les femmes sont lésées dans la répartition des terres cultivables. Elles sont souvent obligées de cultiver les champs des hommes contre la cession d’« un tiers des récoltes ».
Le transport des produits reste un véritable casse-tête. En plus de l’impraticabilité des routes, les chauffeurs vivent difficilement le tracas des contrôles routiers. Selon Fallou Fall, chauffeur de camion, la trentaine, « pour emprunter la route jusqu’à Dakar, il faut débourser pas moins de 20 000 F CFA en guise de bakchich pour les gendarmes et policiers ». A celà s’ajoute la hausse du carburant. Tout cela influe sur les coûts de production et la marge bénéficiaire des producteurs de Bokhol.
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