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Les consommateurs sénégalais ont pris à nouveau d’assaut, le week-end dernier, les stands de fruits et légumes du louma du rond-point Liberté 5. Très nostalgiques de ce louma agricole, les familles se sont bien approvisionnées en fruits, légumes, viandes, etc.
Une grande bassine en main, Soda Marième Fall essaie de trouver une place dans la foule pour choisir des légumes. « Ce louma agricole devrait se faire régulièrement », dit-elle. A son avis, les prix sont très compétitifs et permettent de consommer sénégalais. Soda indique que certains produits comme l’aubergine, l’aubergine amer, la carotte, l’oignon, le poisson fumé, le piment, le gombo, etc., coûtent beaucoup moins cher ici que dans les marchés. « Le kilogramme d’oignon se vend à 250 francs Cfa alors que dans les boutiques, il est concédé entre 275 et 300 francs Cfa. Le kilogramme de chou et de gombo est respectivement à 250 et 550 francs Cfa alors que dans les marchés, il revient à 400 francs Cfa ». Même son de cloche chez Fama Ndiaye de Dieuppeul 2. Cette dame qui a la quarantaine d’années, salue le retour du louma agricole pour les prix qu’elle juge très abordables. « C’est une occasion à ne pas rater.
Aujourd’hui, c’est vraiment la grande fête pour nous, mères de familles », dit-elle, le sourire au coin des lèvres. « Imaginez, l’aubergine s’achète dans ce louma à 200 francs Cfa alors qu’au marché, il se vend entre 350 et 400 francs Cfa. Le kilogramme de melon coûte ici 400 francs Cfa alors qu’il m’arrive de l’acheter, auprès des vendeurs de fruits, à 800 voire 900 francs Cfa. Quant à la carotte, le kilogramme se vend à 200 francs Cfa au lieu de 350 francs Cfa. Pour ce qui est de l’oignon, du poivron et de l’igname, une légère baisse s’est aussi opérée », note la dame. La caissière d’une banque a aussi salué l’initiative, soutenant que la vente des produits des fermiers Reva permettra aux populations de consommer local, frais et en bonne qualité.
Du coté des agriculteurs, cette initiative de l’Anreva est positivement appréciée.
Selon Khadim Diouf de Darou Salam, à Mboro, cette opération permet, aussitôt après la vente, d’empocher son argent. Alors que dans les champs, « les bana-banas » ne payent pas comptant souvent, préférant donner une petite avance. Sarata Mbodj de Keur Ndiaye Lô embouche la même trompette de la satisfaction. « J’en suis à mon troisième louma. Nous ne faisons que remercier Malick Sarr (directeur d’An Reva) pour cette initiative qui nous permet d’écouler facilement nos produits », dit-elle. Toutefois, estime-t-elle, ces loumas doivent se faire régulièrement pour répondre à un besoin réel chez les consommateurs.
Vers la création d’un centre pour la commercialisation des produits agricoles.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Benoit Sambou, a annoncé la création d’un grand centre de commercialisation des produits agricoles. S’exprimant dans le cadre de la relance des loumas agricoles, à Liberté 5, samedi dernier, M. Sambou a promis de voir comment vulgariser cette initiative. A son avis, l’organisation de ces loumas règle au moins une problématique : le rapprochement entre producteurs et consommateurs. « Si nous voulons développer l’agriculture, il faut que nous fassions des agriculteurs de véritables agents économiques de développement, qui créent des richesses et qui en bénéficient », souligne-t-il.
« L’Etat à un rôle d’accompagnement, il crée juste les conditions et un environnement favorable au développement de l’agriculture. Nous pouvons nous organiser pour régler les questions de mécanisation en recevant les partenaires financiers pour qu’ils viennent s’intéresser à ce secteur et accompagner la mécanisation de notre agriculture. Mais pour le reste, c’est aux agriculteurs de prendre leurs responsabilité », a ajouté Benoit Sambou.
« C’est partant du constat que les prix bord champs que proposent les intermédiaires étaient très bas par rapport aux prix de vente, que nous avons voulu trouver une alternative afin de mieux écouler les produits des agriculteurs », explique El hadj Malick Sarr, directeur de l’Agence Reva. « Ainsi, ce louma que nous organisons pour la première fois au rond point de Liberté 5 permet aux agriculteurs de relever le prix de vente tout en faisant aussi gagner les consommateurs ajoute M. Sarr.
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