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Vous êtes ministre de l’agriculture. Comment percevez-vous les problèmes soulevés par les cultivateurs en ce qui concerne les semences ?
Nous avons besoin d’entendre les gens évoquer les questions qui les préoccupent. Le Sénégal fut l’un des premiers producteurs d’arachide mais maintenant nous n’avons même pas trois mille tonnes d’arachide. J’ai convoqué les opérateurs et les organisations des producteurs. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que la qualité de l’arachide n’était pas la bonne ou encore nous n’avions pas le grain recherché. Je leur ai dit qu’il deux choix à faire à savoir aller en campagne avec ce que j’ai trouvé ici ou bien ne pas aller en campagne. Nous avons décidé d’aller en campagne.
Vous reconnaissez que l’arachide n’est pas de bonne qualité ?
J’ai pris mes fonctions au mois de mai et je ne pouvais pas faire une bonne campagne en juin. Nous avons reconduit le même système qu’on a trouvé ici. C’est avec cette arachide que les agriculteurs ont fait les campagnes des années passées. Notre gouvernement est parti en campagne agricole avec 7200 tonnes de semences céréalières et 47000 tonnes d’arachides ce qui fait 16 milliards pour appuyer le monde rural. A notre arrivée nous voulions donner 70 000 tonnes mais le système qu’on a trouvé ici a toujours été là. Le cultivateur au lieu de garder sa production, le remet à un opérateur et ce dernier l’achète à moindre prix pour spéculer en face de l’Etat. C’est ce qui n’est pas normal et doit disparaitre. Pour l’engrais nous avons dépensé 18 milliards et la distribution a démarré. L’Etat a fait beaucoup d’efforts pour en arriver là, il faut que les gens se mettent au travail.
Et la GOANA dans tout ça ?
Vous savez moi je ne suis pas dans cette politique, venir faire des spéculations, faire des récoltes extraordinaires qui n’auront par la suite aucune utilité. Les programmes niébé, bissap, manioc entre autre n’ont servi à rien, c’est des effets d’annonce et cela a coïncidé avec une bonne récolte et ils l’ont imputé à la GOANA. Nous voulons mettre en place une politique agricole qui va perdurer et qui va nous permettre d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour assurer une sécurité alimentaire aux sénégalais. Il faut d’abord produire ce que les sénégalais consomment, ensuite revoir les démarches. La maitrise de l’eau doit aussi être évoquée car on ne peut pas concevoir qu’un pays
comme le Sénégal qui regorge d’eau ne pratique l’agriculture que pendant l’hivernage. On doit aussi encourager la recherche et la formation pour accompagner les institutions de recherche comme l’ISRA qui abattent un travail extraordinaire.
Vous parlez de l’ISRA mais les agriculteurs semblent ne pas le connaitre.
Pourtant ils le connaissent mais c’est que nous n’allons pas à la campagne. Depuis que je suis à la tête du département je sillonne les zones rurales mais je vois que les agents de l’ISRA travaillent dans des conditions difficiles. C’est de véritables patriotes qui ont l’amour de leur pays que je rencontre sur le terrain. Ils sont en contact avec les populations et créent beaucoup de variétés de cultures et de semences, même la station de l’ISRA à Djibalor en Casamance est cultivée par les populations riveraines. Nous devons les encourager pour que leur travail soit au vu et au su de tout le monde. ISRA Sénégal a gagné un prix international de la recherche mais personne n’est au courant. Ce sont des éléments importants à qui nous devons du respect et nous allons tout faire pour les appuyer pour le développement de notre politique agricole.
Le riz occupe une place importante dans la vie des sénégalais. Nous en importons beaucoup alors qu’il y a le riz de vallée. Qu’est-ce qu’il faut pour encourager sa consommation ?
Il reste beaucoup de choses à faire car nous sommes entre 25 000 et 30 000 hectares cultivés et pourtant la SAED a aménagé 70 000 hectares pour la production du riz Padi. Pour régler le problème de la consommation en riz, il nous faut 250 000 hectares. Nous devons aussi convaincre les privés
pour qu’ils aillent dans les zones de production mais il faut les accompagner en poussant les banquespour qu’elles appuient ces secteurs. Cela va permettre de produire du riz dans tout le pays. C’est à nous de vulgariser le riz local pour qu’il soit utilisé par les sénégalais. Si on respecte ce qui est introduit dans la chaine de valeur à savoir la production, la transformation et la commercialisation le riz de la vallée va être de plus en plus connu. C’est en rendant nos produits compétitifs qu’on pourra concurrencer les autres produits. Mais à côté des producteurs, il faut des unités de transformation pour avoir une bonne qualité. Ce qui va permettre à notre riz d’être compétitif.
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