RĂ©unis Ă  ThiĂšs du 16 au 18 juillet 2026, les leaders du Conseil National de Concertation et de CoopĂ©ration des Ruraux (CNCR) ont clĂŽturĂ© la deuxiĂšme session de l’UniversitĂ© Paysanne Mamadou CISSOKHO. Au cƓur des dĂ©bats : l’économie rurale et le dĂ©veloppement des territoires. Dans une dĂ©claration finale forte, ils saluent les orientations prĂ©sidentielles mais exigent des rĂ©formes structurelles pour protĂ©ger les exploitations familiales.

Une opportunité historique pour le monde rural
Cette session s’est tenue au lendemain du Conseil des Ministres du 16 juillet 2026, marquĂ© par la directive du PrĂ©sident de la RĂ©publique Ă©rigeant la commercialisation des produits locaux en pilier de la souverainetĂ© alimentaire.
Le CNCR salue cette volontĂ© politique. Cependant, les leaders paysans rappellent une urgence : la souverainetĂ© alimentaire ne se fera pas sans une approche globale et Ă©quitable. Les crises de mise en marchĂ© et le manque de rĂ©gulation frappent de la mĂȘme maniĂšre l’agriculture, l’élevage, la pĂȘche et la foresterie. Il est urgent d’agir pour sortir les familles productrices de la prĂ©caritĂ©.

Les 4 urgences pour transformer nos territoires
Pour le CNCR, la co-construction de la future stratĂ©gie nationale doit s’articuler autour de quatre prioritĂ©s immĂ©diates :
  • L’Ă©quitĂ© territoriale : Soutenir toutes les zones de production, sans exception, pour un dĂ©veloppement harmonieux.
  • Un pacte pour les infrastructures : Co-investir avec l’État et le secteur privĂ© dans des Ă©quipements de stockage et de conservation adaptĂ©s aux rĂ©alitĂ©s du terrain.
  • La modernisation de la rĂ©gulation : Associer pleinement les organisations paysannes Ă  la redĂ©finition des missions de l’Agence de RĂ©gulation des MarchĂ©s (ARM).
  • Une gouvernance inclusive : Placer les besoins des exploitations familiales au centre de la feuille de route du Premier Ministre.

Trois leviers non négociables pour sécuriser les producteurs
Face aux blocages rĂ©currents qui ruinent l’Ă©conomie locale, les participants de l’UniversitĂ© Paysanne exigent trois mesures fortes :
  1. Une Loi sur l’offre et la demande : Une rĂ©forme lĂ©gislative profonde pour sĂ©curiser dĂ©finitivement les prix aux producteurs, encadrer les marges et protĂ©ger le pouvoir d’achat rural.
  2. Une refonte partagĂ©e de l’ARM : Une restructuration menĂ©e main dans la main avec le CNCR pour protĂ©ger la production nationale face aux importations.
  3. Le retour du dialogue institutionnel : L’activation immĂ©diate de la confĂ©rence annuelle et du Conseil SupĂ©rieur d’Orientation ASPH pour inclure la voix de la base dans les dĂ©cisions.

Le monde paysan prend ses responsabilités
Conscients de leur rĂŽle de moteurs du changement, les leaders du CNCR s’engagent Ă  :
  • Participer activement Ă  la maĂźtrise de l’offre nationale sur les marchĂ©s.
  • Renforcer la veille et les systĂšmes d’alerte sur les filiĂšres stratĂ©giques Ă  la base.
  • Dessiner un maillage territorial prĂ©cis pour l’installation des futurs entrepĂŽts de stockage.
« La souverainetĂ© alimentaire du SĂ©nĂ©gal se jouera sur sa capacitĂ© Ă  valoriser le travail des exploitants familiaux par des marchĂ©s territoriaux justes, fluides et sĂ©curisĂ©s. » — Les participants de l’UniversitĂ© Paysanne.

Le CNCR interpelle directement Monsieur le Premier Ministre pour que ces propositions concrÚtes soient intégrées à la future stratégie de soutien à la commercialisation.

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